La théorie d'un système bancaire à deux vitesses se confirme au Royaume-Uni. D'un côté les établissements qui ont résisté à la crise, de l'autre ceux qui sont sous perfusion de l'Etat. Alors que les seconds (incarnés par Lloyds Banking Group et RBS) accumulent les pertes, HSBC et Barclays ont publiés mardi des indications d'activités trimestrielles de bien meilleure facture – même si elles ont été diversement appréciées par le marché.
Il semble que les pertes de crédit aient atteint leur plafond au cours du troisième trimestre. HSBC (qui n'a pas donné de chiffres pour le groupe) a annoncé une baisse de ses charges pour pertes de crédit, inédite depuis trois ans. De son côté, Barclays a passé 1,4 milliard de livres sterling de dépréciations, contre 1,8 milliard au deuxième trimestre. Il prévoit que le montant à la fin de l'année devrait se situer dans la partie basse de la fourchette estimée entre 9 et 9,6 milliards.
L'amélioration du profil de risque de ces deux banques a un impact sur leurs comptes. Le bénéfice courant de HSBC est «nettement supérieur» à celui affiché un an plus tôt. Quant à Barclays, des éléments exceptionnels (dont des pertes comptables entraînées par l'évolution de la valeur de sa dette) expliquent le recul de 44% de son bénéfice imposable. En excluant ces facteurs, le résultat progresse de 116% à 4,4 milliards.
Barclays Capital, sa banque d'investissement, a généré 1,4 milliard de bénéfices au cours des neufs premiers mois, grâce à la reprise des activités américaines de Lehman Brothers et au conseil en fusions-acquisitions en Europe et en Asie. Mais les investisseurs ont estimé que le groupe est trop dépendant de sa banque d'investissement, dont une partie des résultats (notamment en banque de marché) ne sont pas durables, sanctionnant le titre mardi.
Tout l'inverse de HSBC, dont la banque d'investissement souffre d'un ralentissement au troisième trimestre, après un premier semestre en hausse. Mais ceci fait apparaître l'établissement, très présent dans les pays émergents, comme plus équilibré. Son directeur général Michael Geoghegan s'est d'ailleurs porté candidat à la reprise de certains actifs de RBS et de Lloyds (qui a annoncé la suppression de 5.000 postes supplémentaires, portant le total à 9.000). Celles-ci sont tenues de réduire la voilure pour faire passer leur sauvetage auprès de Bruxelles.