Le cimentier suisse Holcim et le Venezuela sont finalement parvenus à un accord. En effet, l'Etat vénézuélien dirigé par Hugo Chavez s'est engagé à indemniser Holcim à hauteur de 650 millions de dollars (505 millions d'euros) pour la nationalisation de sa filiale locale intervenue en juin 2008. Holcim a déjà reçu un versement de 260 millions de dollars et l'Etat vénézuélien paiera en quatre tranches annuelles égales le solde de 390 millions de dollars. «Nous avons trouvé maintenant une solution, et c'est sûrement une bonne chose, que nous ayons reçu de l'argent», a précisé Peter Gysel, porte-parole d'Holcim. Helvea estime que «même si Holcim n'est pas aussi dépendant que ses concurrents en termes de trésorerie, la dette nette sera réduite et le gearing (rapport de la dette nette aux fonds propres, ndlr) pourrait passer sous les 50% en 2011».
En 2008, Caracas avait lancé une campagne de nationalisation obligeant le cimentier saint-gallois à céder 85% des activités de sa filiale au Venezuela. Or, Caracas s'est montré mauvais débiteur du fait de la baisse de ses revenus pétroliers. Le cimentier avait alors déposé plainte devant le tribunal d'arbitrage international de la Banque mondiale en mars 2009 pour demander des compensations.
Mais le groupe saint-gallois n'a pas été le seul à pâtir de cette politique, les filiales concurrentes de Cemex et Lafarge ayant connu un sort identique. Le cimentier français avait également trouvé un accord avec les autorités vénézuéliennes qui s'engageaient à lui verser 250 millions de dollars.
La filiale d'Holcim au Venezuela ouverte en 1978 participait à hauteur de 200 millions de dollars au chiffre d'affaires du groupe, soit 1% du total. La nationalisation du ciment a également contraint Holcim à revoir ses engagements en Amérique latine avec la vente de sa participation dans une coentreprise au Panama et dans les Caraïbes au colombien Argos. Depuis, le groupe a renforcé ses positions en Asie-Pacifique où l'activité a bondi de 36,2% au premier semestre 2010 contre une hausse de 8,1% de son activité globale.
Dans un communiqué destiné aux investisseurs, le directeur général de Holcim, Markus Akermann, s'est dit prêt à réaliser «d'importantes acquisitions afin de renforcer notre position sur des marchés stratégiques» notamment au Brésil où le groupe perd du terrain face à Lafarge en termes de capacités installées.