Les infrastructures mobilisent toujours l'attention des professionnels de l'investissement. Le groupe d'énergie Endesa a confirmé hier la vente de 80% du capital d'Endesa Gas, son réseau de distribution de gaz, à deux fonds spécialisés de Goldman Sachs. La société espagnole conservera un intérêt de 20% et disposera d'une option de rachat sur le solde entre la 5e et la 7e années après la clôture de la transaction.
Trois offres fermes avaient été déposées ce mois-ci auprès de la société ibérique, filiale de l'italien Enel: en plus de la banque américaine, l'Australien Macquarie et Axa Private Equity étaient également intéressés, après un audit de six mois. La société de gestion française était déjà partenaire d'Enel, ayant acquis 80% du capital d'Enel Rete Gas en mai 2009.
Mais le prix proposé par le vainqueur a refroidi les ardeurs de Macquarie et d'Axa PE: 800 millions d'euros, qui auront un impact positif de 450 millions sur le résultat imposable consolidé d'Endesa. La transaction valorise ainsi l'ensemble d'Endesa Gas à un milliard, soit un multiple supérieur à 17 fois l'Ebitda. La presse du week-end évoquait une valorisation située entre 700 et 800 millions pour l'ensemble. «Sur cette base, l'actif aurait été valorisé 13,7 fois l'Ebitda, ce qui est [déjà] élevé étant donné que les transactions récentes ont été bouclées à des multiples d'environ dix», expliquait lundi Dario Michi, analyste chez Banca Akros (du réseau ESN).
Autre élément de comparaison, la cession d'Enel Rete Gas s'est faite sur la base de 7,6 fois le résultat opérationnel. Selon une source proche, les candidats malheureux ont été très surpris, s'attendant davantage aux prix mentionnés dans la presse. Certains se demandent s'ils n'ont pas raté certains éléments du dossier.
Une explication plus prosaïque est également possible: ayant échoué dans ses tentatives d'acquisition précédentes, notamment en Allemagne (les réseaux électriques d'E.ON et de Vattenfall), Goldman Sachs avait de quoi être motivé pour payer Endesa Gas au prix fort. Il a également peiné à boucler son dernier fonds GS Infrastructure Partners II, clos à 3,1 milliards de dollars, contre 7,5 milliards prévus à l'origine. Dans un contexte où les investisseurs se font plus sélectifs dans leur allocation d'actifs, il est indispensable pour les sociétés de gestion de montrer un certain degré d'activité.