La première compagnie italienne et le Crédit Agricole se sont associés pour trois ans dans un pacte d'actionnaires, qui leur permettra de contrôler la participation la plus importante au capital de Intesa Sanpaolo, à hauteur de 10,89%, leurs participations respectives au sein de la banque italienne étant de 5,82% pour l'assureur et de 5,07% pour le groupe français. Cet accord prévoit notamment la présentation d'une liste commune de candidats lors du renouvellement du conseil de surveillance d'Intesa prévu en 2010. L'initiative est «amicale», a expliqué le président de Generali Antoine Bernheim. Elle permet au Crédit Agricole de renforcer son influence dans Intesa Sanpaolo en accréditant comme stable sa participation dans la banque italienne et d'être réintroduit dans sa gouvernance. «Nous leur rendons un service, dont nous pourrons demander une contrepartie à l'occasion,» a résumé Antoine Bernheim.
Pour le reste, la dernière assemblée annuelle des actionnaires avant le renouvellement de la présidence de Generali l'an prochain s'est déroulée sans soubresauts vendredi à Trieste. Il est encore trop tôt en effet pour les jeux de pouvoir, même si les esprits étaient déjà rivés sur l'horizon 2009. «Je ne poserai pas ma candidature» a prévenu Antoine Bernheim, qui a toutefois précisé, du haut de ses 84 ans, que si sa santé le lui permettait et que les actionnaires le lui demandaient, il serait prêt à rempiler. Pas question en tous les cas d'accepter une présidence honoraire!
L'assemblée a approuvé sans histoires un bilan 2008 avec un bénéfice net de 861 millions d'euros, laminé par une dévaluation de son portefeuille de titres de 5 milliards d'euros. «La compagnie est solide et n'a donc pas besoin d'augmentation de capital», a rassuré Antoine Bernheim, en indiquant que sur les trois premiers mois de l'année la récolte des primes était «stable» (11,5 milliards d'euros dans l'assurance vie et 6 milliards d'euros dans la branche dommages). Enfin, le fonds activiste Algebris qui avait joué les trouble-fête l'an dernier, était présent, mais sa participation dans Generali est descendue de 0,52% à 0,04%.. Autant dire qu'il n'apparaît plus comme une menace pour le management, même si son gestionnaire Davide Serra a renouvelé ses critiques sur la stratégie et la gouvernance de l'assureur...