Fin de partie, Generali et Crédit Agricole ont annoncé mercredi la dissolution de leur pacte d'actionnaires concernant leurs participations dans la banque Intesa Sanpaolo. La dissolution de cet accord sera effective le 19 mars. La décision de dissoudre le pacte intervient deux jours avant les conclusions de l'autorité antitrust italienne au sujet de cet accord qu'elles soupçonnaient de contrevenir aux conditions posées à la fusion qui a donné naissance à Intesa Sanpaolo en 2006.
Ces conditions interdisaient tout pacte d'actionnaires et obligeaient le Crédit Agricole à ramener sa participation sous 5% début 2008 et sous 2% en 2009. Intesa Sanpaolo était donc sous la menace d'une amende de 500 millions d'euros.
La banque risquait cette sanction car elle s'était engagée à ce que le Crédit Agricole réduise sa participation et n'intervienne pas dans la gouvernance en échange du feu vert à la fusion entre Banca Intesa et San Paolo Imi qui lui a donné naissance fin 2006. Or tout au contraire, le Crédit Agricole et Generali, qui détiennent respectivement 5,8% et 5,1% du capital de la première banque de dépôts d'Italie, avaient convenu de se consulter mutuellement sur toute décision stratégique d'Intesa.
Ce pacte a en outre permis depuis le 1er juillet au Crédit Agricole de consolider sa participation dans Intesa comme une participation stratégique, lui évitant ainsi de passer dans ses comptes une dépréciation de valeur estimée par certains analystes comme Macquarie à 1,5 milliard d'euros.
Une porte-parole de la banque française s'est refusée à tout commentaire sur les conséquences de cette dissolution. Le Crédit Agricole doit publier ses résultats du quatrième trimestre le 25 février.
Plus tôt dans la journée, Corrado Passera, administrateur délégué d'Intesa Sanpaolo s'est dit optimiste concernant une résolution heureuse du différend avec les autorités antitrust.
Mercredi, avant l'annonce de la dissolution du pacte avec Generali, l'action Crédit agricole a terminé à 10,78 euros en hausse de 3,11%. Depuis le début de l'année, elle abandonne néanmoins 12,8%, sous-performant l'indice sectoriel DJ Stoxx des banques européennes (-6,72%). Le titre Intesa a de son côté clôturé à 2,705 euros en hausse de 0,19%. Il recule de 14% depuis le 1er janvier.