Pas à pas, GDF Suez fait sa place sur le marché asiatique du GNL (gaz naturel liquéfié). Convaincu que c'est dans cette région du monde que se situe la croissance future, le groupe français vient d'y signer un nouveau contrat de taille. Il livrera dès 2013 et sur quatre ans, 2,6 millions de tonnes de GNL au chinois Cnooc. En supposant des livraisons régulières, ce contrat devrait donc accaparer environ 4% du portefeuille d'approvisionnement annuel de GDF Suez, estimé à 16,5 millions de tonnes.
«Sur l'ensemble du contrat, ces livraisons pourraient représenter un chiffre d'affaires d'environ 1 milliard de dollars», précise un porte-parole de GDF Suez. Un chiffre équivalent à celui du contrat conclu avec Kogas. Car GDF Suez n'en est pas à son coup d'essai.
Il a signé fin septembre le même type d'accord avec le groupe coréen. Le français doit lui livrer, de fin 2010 à 2013, 41 cargaisons de GNL pour un volume total de 2,5 millions de tonnes.
S'il s'agit des premiers contrats à moyen-long terme signés par GDF Suez dans le GNL en Asie, le gazier ne cache pas avoir de grandes ambitions dans la région qu'il voit à l'avenir comme «le premier bassin gazier du monde».
Pour l'heure, il compte sur ses sources existantes (Yemen, Algérie, Norvège, Pays-Bas...) pour alimenter ce marché. Il se présente d'ailleurs comme «la seule utility européenne disposant d'une flexibilité suffisante dans son portefeuille de gaz naturel pour réorienter des volumes vers le marché asiatique».
Mais cette partie du monde est aussi appelée à devenir pour lui une source d'approvisionnement. L'an passé, il s'est entendu avec le groupe australien Santos sur un projet de terminal GNL dans le bassin de Bonaparte, à travers une coentreprise dont GDF Suez aura 60%. Il a dès lors pris 60% des parts de Santos dans trois champs locaux, pour un investissement initial de 200 millions de dollars.
Devant agir comme opérateur de l'unité, GDF Suez a parlé d'une capacité prévisionnelle de 2 millions de tonnes par an et espère ainsi accroître son offre dans la région Asie-Pacifique. Il estime que ces champs pourraient augmenter de 20% ses réserves 3P (prouvées, probables et possibles). Deux forages doivent débuter l'an prochain.