Si la plupart des constructeurs peinent à donner une indication précise de ce qu'ont représenté ou représenteront à l'avenir les aides gouvernementales dans l'automobile, Fiat s'est montré hier on ne peut clair sur le sujet. Il a livré deux batteries d'objectifs pour 2010, avec ou sans maintien des primes.
En supposant une poursuite des mesures en place (excepté en Allemagne), l'italien prévoit des revenus de 52 à 53 milliards d'euros (+3% à +6%), un opérationnel de 1,5 milliard (+42%), un résultat net de 200 à 300 millions (contre une perte de 848 millions en 2009) et une dette maintenue sous les 5 milliards (4,4 milliards à fin décembre 2009).
Dans le cas contraire, la reprise amorcée en cours d'année serait mise à mal. Alors que ses résultats se sont améliorés en cours d'année, jusqu'à dépasser les attentes au quatrième trimestre (avec 488 millions d'euros d'opérationnel dont 257 millions dans l'automobile), un arrêt des soutiens risquerait selon Fiat d'orienter la demande européenne à la baisse. Les volumes pourraient par exemple chuter de 20% en Italie, où Fiat représente 30% des ventes.
Dans ce cas de figure, les revenus seraient amputés de 2,5 milliards d'euros et le résultat opérationnel de la seule branche auto perdrait 350 à 400 millions, avec une répercussion intégrale sur le bénéfice net. Dès lors la dette repasserait au-dessus de 5 milliards et il ne serait plus question d'améliorer la performance de la branche auto après les 719 millions d'euros d'opérationnel engrangés en 2009.
Certes, Fiat dit qu'il serait encore en mesure de dégager plus de 1 milliard d'opérationnel au niveau groupe (soit au moins autant que le résultat de 1,09 milliard de 2009).
Ceci dit, avec un consensus à 1,43 milliard pour l'opérationnel de 2010, le marché a accueilli avec réserves ce discours qui, en marge de résultats conformes aux dernières déclarations, «met un grain de sable dans le mécanisme», d'après Nomura. Comme le résume Credit Suisse, «tout reposera sur ce que fera l'Italie en matière d'incitation». Et d'ajouter que sans mesures gouvernementales d'aide aux clients, la consommation de cash de Fiat pourrait devenir préoccupante en 2010.
Reste à savoir si Fiat n'a pas forcé le trait pour faire pression sur l'Etat italien. D'autant que pour certains, le versement d'un dividende de 0,17 euro tendrait bien à prouver que le pire est passé.