Actions

Faire revenir les investisseurs sur les actions via les dividendes élevés

- Certains gestionnaires misent sur la thématique des actions à hauts dividendes pour attirer les investisseurs vers des placements risqués - L’exemple de BlackRock, qui a fait de cette classe d’actifs un des fers de lance de son offre produits pour les années à venir, est édifiant

Par Franck Joselin le 10/02/2012 pour L'AGEFI Actifs

 
 

Depuis plusieurs mois, cela n'étonne personne, les investisseurs ont totalement déserté les actions. En France, par exemple, sur les OPCVM, cette classe d'actifs a totalisé à elle seule plus de 19 milliards de décollecte et, cumulé aux effets marchés, a vu ses encours diminuer de 19,2 % pour atteindre fin 2011 225,5 milliards d'euros contre 279,2 milliards fin 2010. Selon le sentiment des gestionnaires, cette tendance ne s'est pas - encore - inversée en ce début d'année. Particuliers et institutionnels restent paralysés devant la prise de risque, alors même que les rendements des autres classes d'actifs s'érodent progressivement.
Comment, pour un gestionnaire, persuader les investisseurs que cette classe d'actifs est peut-être, malgré les intenses variations observées ces dernières années, celle qu'il faudra détenir en portefeuille pour espérer un rendement supérieur à celui de l'inflation ?
Depuis quelques mois, certains gestionnaires ont décidé de mettre en avant les actions via la thématique du dividende comme c'est notamment le cas pour BlackRock, mais aussi, même si c'est parfois plus ponctuellement, pour Aberdeen, ING IM, Axa IM ou encore Pictet.

Rendement obligatoire.
Selon Alex Hoctor-Duncan, managing director chez BlackRock, non seulement la situation des investisseurs est aujourd'hui paradoxale, mais elle est intenable sur le long terme : « Alors que les gens vivent de plus en plus longtemps après leur retraite, et qu'ils doivent subvenir à leurs besoins davantage par des systèmes individuels, ils sont aujourd'hui très majoritairement investis sur des produits - obligations d'Etat et monétaire - sensibles à une remontée de l'inflation. Ils risquent donc de voir leurs revenus s'éroder fortement dans les prochaines années », explique-t-il. Et cette surpondération en produits de taux est d'autant plus dangereuse que, toujours selon Alex Hoctor Duncan, « nous nous sommes rendu compte ces dernières années que ces produits, au même titre que les autres actifs, comportent des risques ».

Cahier des charges adapté à la période.
A partir de ce constat, le BlackRock Investment Institute, un organisme interne de réflexion sur la stratégie du groupe, s'est interrogé sur la manière d'assurer un rendement à long terme optimal dans la configuration actuelle du cycle économique et financier afin d'élaborer sa stratégie d'offre produits sur le long terme. Or, dans un environnement de croissance faible (comme ce fut le cas entre 1991 et 1993, 2995 et 1996, ou entre 2002 et 2007), le gestionnaire a, entre autres, constaté que la performance des actions à haut dividende se révélait bien supérieure à la performance des actions traditionnelles (environ 12 % pour les titres à haut dividende contre 8 % en moyenne pour les autres).
« Il est clair que les actions de sociétés de qualité faisant croître leurs bénéfices sont les actifs qui se comportent le mieux non seulement dans un environnement de faible croissance, mais aussi dans des périodes de hausse de l'inflation. Et parmi elles, les actions à haut dividende présentent une volatilité inférieure à celle de la classe d'actifs dans son ensemble  », complète Alex Hoctor-Duncan. C'est une raison pour laquelle le gestionnaire estime que « la prochaine décennie sera celle des actions à haut dividende. Les investisseurs recherchent du rendement et une tranquillité d'esprit. Ils devront se concentrer sur une stratégie d'actions de dividende au cours des dix prochaines années afin de contrebalancer leur surexposition aux obligations ».

Potentiel de la demande.
Si vendre des actions demeure actuellement difficile, BlackRock a mesuré le potentiel commercial des actions à fort dividende en rapprochant l'intérêt que portent les investisseurs à cette classe d'actifs par rapport à la proportion qu'ils en détiennent en portefeuille. Et le constat est édifiant : « Alors que 70 % des sélectionneurs de fonds français (gestionnaires de fonds de fonds, banquiers privés...) estiment que les actions à haut dividende pouvaient être utilisées dans toutes les conditions de marché, près de 40 % n'en ont pas encore en portefeuille et plus de 15 % en ont une proportion qui ne dépasse pas 5 % », constate Gad Amar, responsable de la distribution de BlackRock en France. Pas étonnant donc si beaucoup de gestionnaires, comme BlackRock, concentrent aujourd'hui leurs efforts commerciaux sur ces produits.

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