Eurazeo a fait le dos rond en 2009, année particulièrement difficile pour les sociétés d'investissement. La holding cotée dirigée par Patrick Sayer accuse une perte de près de 200 millions d'euros alors qu'elle avait essuyé un déficit de 68 millions un an plus tôt.
La dégradation des résultats des sociétés mises en équivalence (dans laquelle Eurazeo est minoritaire) a provoqué une perte de plus de 39 millions dans les comptes de la holding (contre une contribution positive de 69 millions d'euros en 2008). Rexel et Accor (qui, à l'issue du processus de scission pour lequel Eurazeo avait milité, devrait voir l'introduction en Bourse d'Accor Hospitality en juin) en particulier, ont vu respectivement leur Ebitda (excédent brut d'exploitation) chuter de 36% et 19%.
Concernant les sociétés intégrées (ANF, Apcoa, B&B, Elis et Europcar), leur contribution a également reculé du fait des dépréciations constatées par Europcar en Espagne et des difficultés rencontrées par Apcoa (gestion de parkings) dans les aéroports.
Autre élément négatif, les plus-values de cession ont été nettement inférieures l'année dernière: elles ont atteint 217 millions d'euros (contre 311 millions en 2008). Eurazeo a souffert d'un effet de base défavorable, causé par le produit exceptionnel enregistré en 2008 suite à la cession de titres Veolia et Air Liquide, qui ne s'est évidemment pas reproduit l'année dernière – et que la cession des titres Danone n'a pas suffisamment compensé.
En outre, «la hausse de la valeur de marché des dérivés détenus par Eurazeo a eu un effet négatif de plus de 74 millions d'euros sur les comptes en norme IFRS», a expliqué Patrick Sayer.
Malgré les pertes, et pour fidéliser ses actionnaires, Eurazeo versera au titre de l'exercice 2009 un dividende de 1,2 euro par action; il proposera en 2010 une action gratuite pour vingt actions détenues. En outre, son actif net réévalué (ANR) a progressé de 22% entre le 31 décembre 2008 et le 31 mars 2010, à 3,59 milliards d'euros (65 euros par action).
2010 sera l'année du retour aux affaires tant pour la holding elle-même que pour les sociétés en portefeuille. Fort de 704 millions d'euros de liquidités disponibles, Eurazeo déclare étudier en ce moment douze dossiers. Mais selon Patrick Sayer, l'arrivée prochaine chez Europcar de Philippe Guillemot au poste de directeur général ne préjuge pas d'une éventuelle introduction en Bourse de la spécialiste de la location automobile.