L'allemand E.ON pourrait céder sa branche américaine et ainsi réaliser le plus gros accord industriel de l'année, ont déclaré mardi des sources proches du dossier à Reuters. «Ce serait bien de se débarrasser de cette entité», a assuré une source proche du département stratégie, «et notre dette est un véritable fardeau», a-t-elle ajouté. E.ON possède deux fournisseurs d'électricité et de gaz outre-Atlantique, Kentucky Utilities Company (KU) et Louisville Gas and Electric Compagny (LG&E). Ils emploient environ 3.000 personnes et leur chiffre d'affaires cumulé s'élevait à 2,5 milliards de dollars en 2008. Goldman Sachs, banquier conseil, et E.ON n'ont pas souhaité commenter ces informations.
E.ON avait acheté LG&E, lors du rachat du britannique Powergen en 2002 qui avait lui-même déboursé 3,2 milliards de dollars (2,36 milliards d'euros) pour l'achat de LG&E en 2000. Une nouvelle fois le fournisseur de gaz et d'électricité devenu E.ON US pourrait changer de main. Parmi les candidats potentiels au rachat, figurent Duke Energy Corp, Southern Co, American Electric Power Co Inc ou encore PPL Corp, qui ne pourront facilement emporter la mise compte tenu de leur endettement. Quant à la division Kentucky Utilities Company, elle affiche un Ebitda de 393 millions de dollars en 2009 contre 1,9 milliard un an auparavant.
E.ON espère engranger 10 milliards d'euros de liquidités d'ici la fin de l'année afin de réduire une dette de 46 milliards d'euros fin septembre 2009 contre 18 milliards à fin 2006. Il a déjà engrangé 6 milliards d'euros de recettes liées à des cessions. Selon un analyste de la West LB cité par Reuters, si E.ON vend cette branche en cédant des actions dans une offre publique il peut en tirer 4,5 milliards d'euros, s'il cherche à la vendre à un autre fournisseur d'énergie, il pourrait en espérer 5 milliards.
Une telle cession serait le deuxième plus gros contrat de ce genre aux Etats-Unis cette année, après le rachat d'Allegheny Energy Inc par First Energy Corp pour un montant de 4,4 milliards de dollars en actions.
Le numéro un allemand de l'énergie a bouclé en février la vente de son réseau de 10.700 kilomètres de lignes à haute-tension en Allemagne au néerlandais TenneT, pour un prix définitif de 1,1 milliard d'euros, conformément aux exigences de Bruxelles.