La crise n'affecte pas vraiment les plans d'actionnariat salarié. Pour deux tiers des entreprises ayant déjà conduit des opérations de ce type, les opérations ont été maintenues, les autres ayant été légèrement repoussées dans le temps, sans être abandonnées, constate une enquête du cabinet de ressources humaines et gestion des risques Towers Perrin réalisée de mai à juillet 2009 auprès de 14 groupes du SBF 120.
Déjà en avril dernier, son confrère Hewitt constatait la bonne résistance de l'actionnariat salarié en France. A l'époque, 45% des entreprises envisageaient de lancer un nouveau plan, et 55% en avait déjà engagé un dans les douze mois précédents.
Par un tel plan, les entreprises disent à 79% vouloir rassurer sur la solidité actuelle et future du groupe et à 64% souligner les avantages pour le souscripteur de la protection de l'investissement et du rendement garanti, poursuit Towers Perrin. En troisième position ex aequo, 36% des entreprises invoquent la réduction des coûts associés à la mise en place des plans et la nécessité de rassurer sur la solidité des partenaires financiers impliqués dans les offres à effet de levier.
Avant tout, les sociétés (75%) voient dans un plan d'actionnariat salarié le moyen de renforcer le sentiment d'appartenance au groupe. Pour 42% d'entre elles, il permet aussi d'agir sur la structure du capital du groupe et de partager la performance avec les salariés. D'ailleurs, les entreprises estiment que ce dernier objectif n'a pas encore été vraiment atteint (avec une note moyenne de 2,4 sur 5).
Globalement les sociétés interrogées sont satisfaites des conditions de mise en oeuvre et des taux de souscription atteints lors des derniers plans. Parmi les ajustements souhaités en priorité figurent la réduction des coûts (82% des entreprises) et l'adaptation de la communication au contexte de crise (72% des sociétés). La gestion administrative et le processus de collecte sont aussi à améliorer, notamment à travers des outils dématérialisés.
Le succès des plans d'actionnariat, «dépend avant tout d'offres jugées protectrices et intéressantes, mais aussi de la qualité de l'accompagnement par la communication, de l'implication du management et du déploiement sur le terrain», conclut Rodolphe Delacroix, consultant senior chez Towers Perrin.