Si le taux de revalorisation moyen, net de chargement de gestion, des supports en euros des contrats d'assurance vie devrait atteindre 3 % au titre de l'année 2011, il ne reflète nullement une réalité que l'expert patrimonial devra apprécier compagnie par compagnie. Pour l'avenir, ce conseiller doit se rendre à l'évidence et en tenir compte dans son activité : il est impossible d'appréhender, de manière claire et précise, des prévisions de rendement. L'Autorité de contrôle prudentiel reconnaît d'ailleurs, par la voix de son secrétaire général, que les compagnies d'assurances
« bénéficient légalement d'une grande marge de manoeuvre pour fixer les taux de revalorisation de leurs différents contrats »dans la mesure où elles respectent leurs exigences de fonds propres.
Il faut donc s'en remettre aux analyses de consultants pour se projeter dans le prochain exercice. A l'occasion de la présentation du baromètre 2012 de l'épargne vie, Cyrille Chartier-Kastler, le président de Facts & Figures, a ainsi présenté « une hypothèse de rendement pour 2012 comprise entre 3,20 % et 3,50 %. Cette estimation se base sur différentes hypothèses macroéconomiques plus celle d'un report, de plus en plus à l'ordre du jour, de l'entrée en vigueur de la réglementation Solvabilité II pour 2015, voire 2016, qui permettrait aux assureurs de ne pas réduire leurs investissements en actions ».
Avant cet éventuel retour à meilleur marché, des compagnies d'assurances entendent renouveler l'intérêt de la clientèle privée par l'intermédiaire de fonds en euros dynamiques sur lesquels une part de l'investissement est orientée sur une poche composées d'actifs financiers censés doper les rendements. Dans une optique de préparation à la retraite, les contrats variable annuities pourraient s'imposer à condition que leurs modèles rencontrent enfin un consensus de Place.
Les pratiques commerciales évoluent aussi : « Nous retenons entre autres que l'encadrement réglementaire des taux annuels garantis a amené des captives - notamment Prédica et Sogécap - à engranger une part accrue du flux de collecte d'assurance vie en provenance des structures de gestion privée de leur groupe d'appartenance, au détriment notamment de Generali et de La Mondiale Partenaire », avance Cyrille Chartier-Kastler.