Si la production industrielle a diminué de 1 % en mars par rapport au mois de février, chiffre provisoire et corrigé des variations saisonnières, selon le ministère de l'Economie à Bonn, le chiffre d'affaires du commerce de gros a enregistré, pour sa part, une hausse de 13 %, en glissement annuel, en valeur nominale, selon un chiffre provisoire communiqué par l'Office fédéral des statistiques. Le nombre de demandeurs d'emploi a, de son côté, baissé de 202.000 personnes, à 4,422 millions de personnes en avril, selon l'Office du Travail de Nuremberg. Si la baisse de la production a surpris les analystes, il ne s'agit pas cependant d'un chiffre alarmant dans la mesure où le ministère de l'Economie a lui-même annoncé qu'il serait révisé, méthode habituelle pour les statistiques allemandes, et ce probablement dans un sens favorable. Cette chute est néanmoins associée à la contraction de l'activité dans le secteur de la construction, secteur fortement volatil en raison, notamment, des aléas climatiques. La reprise de la croissance ne semble donc en rien remise an cause, d'autant plus que la production en biens d'équipement, biens intermédiaires, tels que les machines outils, a crû de 3,5 % au mois de mars, signe que les entreprises allemandes cherchent à accroître leurs capacités de production. Par ailleurs, la révision des données de février indique une baisse de la production industrielle sur ce mois moins forte que celle annoncée en première estimation, de 0,3 % et non plus de 0,7 %. Pour Serge Legal, économiste à la BNP, la variation bi-mensuelle de la production manufacturière stagne actuellement après avoir fait un bond de 2,3 %, ce qui n'a rien d'inquiétant. En outre, l'étude en glissement des composantes de la production souligne une hausse tendancielle de l'activité manufacturière, aussi bien en ce qui concerne les biens de consommation que les biens de consommation durables qui enregistraient encore jusqu'à une date récente une évolution négative, preuve rassurante de la mise en uvre du moteur intérieur de la croissance.
La situation s'améliore enfin sur le front de l'emploi. Si le nombre de chômeurs en Allemagne a diminué de 202.000 personnes au mois d'avril, le reflux est également visible en données corrigées des variations saisonnières, à l'Ouest comme à l'Est, puisque l'on comptait 25.000 demandeurs d'emploi de moins en avril. Le taux de chômage cvs de la Bundesbank est ainsi passé à 11,4 % contre 11,5 %. Cette embellie peut être attribuée à la reprise industrielle mais surtout à un déblocage d'aides gouvernementales. Helmut Kohl a qualifié cette nouvelle de " hautement réjouissante " tandis que Guenter Rexrodt, ministre de l'Economie, se targuait, devant le Bundesrat, d'avoir " réussi le tournant sur le marché de l'emploi ". La manifestation des chômeurs dans plusieurs villes allemandes a néanmoins rassemblé quelque 60.000 personnes, selon les organisateurs.