Avec la crise, le profil des dirigeants recherchés évolue, constate le cabinet de cabinet de recrutement CTPartners. En premier lieu, la responsabilité du directeur général sur les opérations ressurgit. « Il doit être proche de la fonction financière, notamment en matière de contrôle des coûts, explique Sylvain Dhenin, vice-président Monde. Auparavant, les entreprises recherchaient des profils plutôt de développeur, désormais le directeur général doit fournir des résultats à court terme ». Parallèlement, les entreprises ont pris en compte la nécessité de communiquer davantage avec le marché et avec les actionnaires.
Du côté des ressources humaines, les objectifs changent. Au lieu de se focaliser sur la guerre d'attraction et de rétention des jeunes diplômés, les DRH doivent avoir une connaissance approfondie du droit social, offrir un profil international, et savoir gérer les talents en interne.
D'ailleurs, « les conseils auraient tout intérêt à accueillir des DRH en leur sein en particulier au comité de nomination et de rémunération, pour faire face à la problématique de salaires des dirigeants, au lieu de faire appel à des conseils extérieurs, propose Diane Segalen, vice-présidente Monde. La gouvernance en France a fait des progrès, mais en termes de rémunérations, ceux qui décident ne sont pas compétents ». En France, un seul cas existe avec Cathy Kopp, DRH d'Accor, siégeant au conseil de surveillance de Schneider Electric, et aussi administrateur de Dexia.
Cette évolution du conseil pourrait s'accompagner d'une évolution sur les modalités de paiement des « parachutes dorés ». Il appartient au conseil de les encadrer, et pourquoi pas d'interdire tout versement quand l'entreprise est en pertes, suggère CTPartners. De même, les bonus pourraient être versés sur plusieurs années, à condition que la société soit en bonne santé et que le bénéficiaire soit toujours dans l'entreprise.
Pour éviter tous les abus, le bureau de recrutement recommande de réhabiliter le couple performance et risque (notamment par un investissement au capital) au sein de la rémunération des dirigeants. Et de rappeler qu'aux Etats-Unis, 50 % des entreprises ont réduit les salaires de l'ensemble des salariés de 5 à 10 %.