Cofidis se lance dans le mobile pour pallier une rentabilité en baisse

Après La Poste et avant BNP Paribas, l’établissement de crédit entame sa diversification en s’appuyant sur le savoir-faire de sa maison mère, Crédit Mutuel.

Par Sylvie Guyony le 03/11/2011 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

ne nouvelle marque fait aujourd'hui son apparition dans la téléphonie mobile, celle de Cofidis, acteur historique du crédit à la consommation, filiale de la Banque Fédérative du Crédit Mutuel et du Groupe 3 Suisses International. Pour Gilles Sauret, directeur de Cofidis France, c'est « un prolongement logique et naturel dans la relation avec nos clients : nous venons du monde de la vente à distance. Cela correspond aussi à notre démarche d'anticipation technologique. Enfin, Cofidis Mobile répond à notre volonté d'accompagner nos clients dans la maîtrise de leur budget ». Son positionnement en termes de prix se veut donc « compétitif, avec une gamme de forfaits très courte ».
Alors que l'arrivée de Free pourrait rebattre les cartes sur le marché, une poignée d'opérateurs mobiles virtuels (MVNO) ont déjà pris position, même si, en cinq ans, leur leader Virgin Mobile n'a toujours pas atteint 2 millions de clients et le deuxième, NRJ Mobile, filiale (à 90 %), comme Cofidis, du Crédit Mutuel de Strasbourg, n'avait que 800.000 clients fin 2010. « Nous nous distinguons des autres par la construction de notre offre, assure Gilles Sauret. Nous misons aussi sur notre marque propre, en approchant en priorité les clients avec lesquels la relation est déjà la plus fréquente » : « plusieurs centaines de milliers », dit-il, sur près de 3,5 millions de clients. Cofidis Mobile suit malgré tout les traces de La Poste Mobile ou de son « cousin » NRJ Mobile. « Notre réflexion était antérieure à notre rachat par Crédit Mutuel (fin 2008, NDLR), certifie Gilles Sauret. Bien entendu, nous capitalisons sur le savoir-faire existant en interne. »

Convergence croissante
Ce qui pourrait apparaître comme un mélange des genres peut en fait relever de la convergence. Crédit Mutuel, qui se dote ainsi d'une nouvelle marque aux côtés de NRJ Mobile, Crédit Mutuel Mobile et CIC Mobile, vend ses forfaits dans les 4.500 agences des deux réseaux bancaires ou sur internet. Et les téléphones qu'il distribue intègrent depuis le printemps une fonctionnalité de paiement sans contact. Par ailleurs, « la première offre bancaire entièrement mobile en France » sera présentée dans trois semaines par BNP Paribas, en partenariat avec Orange. Toutefois, « à court terme, nous ne proposons pas de services de paiement ou de crédit dans l'offre mobile, précise Gilles Sauret. Nous avons par ailleurs des solutions sur internet et via nos applications pour ‘smartphones'. Mais nous nous préparons aux moyens de paiement de demain. »
Distribuer de la téléphonie mobile est d'abord pour Cofidis un moyen de pallier l'évolution récente du crédit à la consommation en France, où il détient plus de 5 % de part de marché avec une prédominance du crédit renouvelable dans son business model. L'Association française des sociétés financières montre en effet un recul de l'activité sur l'ensemble du troisième trimestre et une « part des nouvelles utilisations de crédits renouvelables [qui] décroît significativement dans le total de la production de crédit à la consommation des établissements spécialisés au bénéfice des crédits amortissables (prêts personnels et financements affectés) : de 41 % sur douze mois cumulés à fin septembre 2009 [à] 35 % en septembre 2011 ». Le patron de Cofidis France, qui a revu sa gamme et adopté une nouvelle signature (« Crédit sous un nouveau jour »), le déplore : « 2011 est une année complexe, avec une stagnation conjoncturelle de la production et une rentabilité affectée par la loi Lagarde ainsi que par le contexte économique mondial. » La loi du 1erjuillet 2010, entrée en application par phases pour strictement encadrer le crédit renouvelable, montre ainsi ses effets. « Cette année, nos revenus sont très tendus, comme pour tout le marché, mais dans des proportions estimées par notre plan de marche à trois ans, indique Gilles Sauret. Il est fondamental d'aller vers une diversification stratégique : Cofidis Mobile est une première étape qui permet de renforcer la relation avec les clients et la rentabilité de nos activités. » Le directeur de Cofidis France refuse néanmoins d'annoncer la part de revenus qui seront générés à l'avenir par ses services non financiers. 

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