Coface ne compte pas sur l'amélioration de la conjoncture pour redresser ses résultats. Malgré un chiffre d'affaire atone, l'assureur crédit a tiré profit de l'amélioration de la sinistralité et du réajustement des primes, mais il reste très prudent sur la reprise mondiale. S'il juge peu crédible un scénario de double récession, sauf en cas d'aggravation des surcapacités en Chine ou de persistance d'un «énorme levier de liquidités spéculatives», il ne prévoit pas de redémarrage franc de l'activité.
Dans ce contexte, la dynamique positive engagée au second semestre 2009 se confirme au deuxième trimestre avec un résultat net consolidé de 20 millions d'euros, en hausse de 33% par rapport à fin mars, un très net redressement quand on le compare à la perte de 80 millions encaissée un an plus tôt.
Cependant, cette bonne performance n'est pas liée à un retournement de l'activité du groupe, son chiffre d'affaires global enregistrant un repli de 0,4% à 397 millions d'euros au deuxième trimestre. L'activité d'assurance a reculé de 2% à 303 millions d'euros et celles des services (information, notation) de 8% à 65 millions. Le marché allemand devient le moteur de l'activité du groupe avec 12% de hausse du chiffre d'affaires à 176 millions alors que celui du marché français baissait de 8% à 223 millions d'euros.
L'assurance crédit représente à elle seule environ la moitié du résultat opérationnel du groupe et s'inscrit en progression pour le quatrième trimestre consécutif après la perte de 143 millions enregistrée un an plus tôt. Ce secteur a bénéficié du très fort ralentissement de la sinistralité avec en moyenne 45 millions d'euros de menaces de sinistres déclarés au deuxième trimestre, un record comparé aux 66 millions en 2007, année référence pour la Coface. Ces risques en baisse sont couverts par une hausse de 13% des primes et de 11% des fonds propres à 1,3 milliard d'euros.
Concernant son avenir au sein de Natixis (actionnaire à 100%) et de BPCE, Coface estime que la décision de la banque dépendra du contenu des normes de solvabilité Bâle 3. Jérôme Cazes, directeur général de l'assureur crédit, a cependant précisé «avoir le sentiment que le scénario d'une mise en Bourse en 2011 gagne en crédibilité avec les résultats» du premier semestre.