Hold, la société propriétaire du centre d'affaires Coeur Défense (elle-même détenue par Dame Luxembourg), a signé la semaine dernière un nouveau contrat de couverture de taux variable pour le prêt de 1,6 milliard d'euros qui avait permis le financement de son rachat, en juillet 2007, pour 2,1 milliards par des fonds de Lehman Brothers. Refinancé via un crédit titrisé au sein du véhicule Windermere, ce prêt avait été mis en défaut en septembre 2008 au moment de la faillite de la banque d'affaires américaine parce que celle-ci était également contrepartie du contrat de couverture sur les taux d'intérêt.
Plusieurs observateurs estiment que le problème lié à cette rupture d'une clause bancaire qui a déclenché l'inquiétude des créanciers aurait alors pu, avec un peu de patience, être résolu à l'amiable. Mais le contexte financier très tendu avait finalement mené les deux holdings propriétaires à une longue procédure de sauvegarde, intéressante parce qu'elle posait des problèmes nouveaux concernant les sûretés de ce type de prêts. Procédure annulée, le 25 février dernier, par la cour d'appel de Paris, au motif que ces sociétés n'avaient pas «invoqué l'existence de la moindre difficulté ayant pu antérieurement affecter leur activité».
Avant de contester probablement cette décision juridique devant la cour de cassation, Hold vient donc de signer avec la banque HSBC un nouveau contrat pour couvrir le prêt de 1,6 milliard, basé sur l'Euribor 3 mois. Cette couverture porte sur le risque de dépasser des intérêts de 3,4% jusqu'à juillet 2012, puis 4,15% jusqu'à juillet 2014, date théorique de remboursement. Cette assurance, pour laquelle la société ne trouvait absolument aucune contrepartie à l'automne 2008, lui coûtera environ 8 millions d'euros. Par comparaison, certains avançaient un coût théorique de 40 millions fin 2008, et il semble que ce contrat de swap aurait encore coûté plus de 15 millions s'il avait été signé comme prévu dans la tourmente grecque début avril...
Notons que pendant tous ces mois de bataille juridique, la vie a continué à peu près normalement dans la relation au quotidien entre propriétaires et créanciers, notamment pour assurer le bon fonctionnement de l'immeuble. Ce dernier doit, pour permettre le remboursement normal des intérêts du prêt, renouveler dans les prochains mois les baux signés à son ouverture en 2001.