Après plusieurs mois de discussions sur le problème des actifs toxiques qui empoisonnent le bilan des banques allemandes, la coalition au pouvoir à Berlin est enfin parvenue à une solution. Le ministre des Finances, Peer Steinbrück, promet même un accord définitif pour le mois de mai prochain afin que la nouvelle loi puisse être adoptée au Parlement avant la pause de l'été. Conformément aux propositions de Peer Steinbrück, l'Allemagne abandonne définitivement l'idée de créer une structure de défaisance centrale et propose la mise en place par « toutes les banques qui le désirent » de structures de cantonnement individuelles où elles pourront transférer l'ensemble de leurs actifs toxiques. L'Etat accepterait ensuite de s'en porter garant.
Pour ces garanties, les banques devront acquitter une commission dont le montant reste à préciser. L'idée initiale de distinguer entre actifs toxiques et créances momentanément illiquides a été abandonnée, impossible à mettre en oeuvre dans la pratique.
Reste que le coût de cette opération demeure inconnu. « Personne ne pourra dire aujourd'hui quelle sera la valeur de ces actifs à l'issue des échéances », a expliqué Peer Steinbrück. Le ministre espère toutefois que « toutes les créances, dont certaines n'arriveront à échéance que dans quinze à vingt ans, ne seront pas sans valeur ». Il a cependant admis que le fonds de garantie de l'Etat, créé l'an dernier, et dont le montant s'élève à 480 milliards d'euros devra « éventuellement » être augmenté. Les analystes évaluent à quelque 300 milliards d'euros le montant des avoirs encore disponibles. Le ministre promet des précisions dans « dix à quinze jours ».
Selon le porte-parole du gouvernement la solution proposée s'adresse surtout aux banques publiques (Landesbanken), à certains « petits établissements » ainsi qu'à Commerzbank qui a identifié dans ses comptes plus de 55 milliards d'euros d'actifs toxiques. En revanche, Deutsche Bank, la première banque d'outre-Rhin, le groupe des caisses d'épargne ainsi que les banques coopératives ont déjà annoncé qu'elles seraient en mesure de maîtriser leurs problèmes sans l'aide de l'Etat. Certains parlementaires du parti d'Angela Merkel évaluent le montant des actifs toxiques dans les banques allemandes entre 500 et 1.000 milliards d'euros. Un montant que le ministre des Finances n'a pas voulu confirmer.