Barclays rationalise son portefeuille d'activités en France dans la banque de particuliers et la banque commerciale. Selon une source proche, la succursale française du groupe britannique doit dévoiler la semaine prochaine en interne un projet d'arrêt de ses activités de crédit-bail, qu'elle exerce sous l'enseigne Barclays Bail. Petit acteur du marché, cette dernière emploie une vingtaine de salariés. Un retrait plutôt logique: la banque était déjà sortie il y a quelques années du métier de loueur de véhicules en cédant ses filiales de location longue durée à ABN Amro.
Dans l'épargne salariale, Barclays a privilégié il y a quelques semaines la voie de la cession, selon plusieurs sources. La succursale a vendu ses activités au Crédit Mutuel-CIC. A fin 2009, Barclays pointait au 21e rang du secteur avec 213 millions d'euros d'actifs gérés à travers vingt et un fonds communs de placement d'entreprise, selon les statistiques de l'Association française de gestion financière. Un encours trop faible pour espérer peser dans un marché français de l'épargne salariale encore très morcelé mais dominé par les mastodontes Amundi et Natixis AM. Les acteurs modestes se dirigent donc vers la sortie, à l'image de la Banque Palatine, qui a cédé cette semaine sa filiale spécialisée Gérer S2E à AG2R La Mondiale.
Troisième dossier sur la table: l'ouverture éventuelle du capital de la filiale d'assurance Barclays Vie, à hauteur de 50%, sur le modèle déjà appliqué par le groupe en Espagne et au Portugal. En interne, à Paris, la banque a démenti auprès des représentants des salariés l'existence d'un tel projet, sans convaincre. Elle se refuse à tout commentaire sur le sujet comme sur celui du crédit-bail et de l'épargne salariale.
Faute de pouvoir rivaliser avec les grands réseaux, Barclays a adopté en France un positionnement ciblé sur la clientèle aisée. Elle espère notamment doubler en deux ans sa clientèle «Premier», caractérisée par un minimum de 50.000 euros d'actifs ou 300.000 euros de crédit. Le groupe est par ailleurs présent en gestion de fortune et en banque d'investissement, à travers Barclays Capital. Cette dernière s'est lancée dans le conseil en fusions et acquisitions, avec une équipe de douze personnes qui devrait accueillir trois nouveaux managing directors à la rentrée (L'Agefi Hebdo du 15 juillet).