Barclays fait monter les enchères. La banque britannique a confirmé vendredi avoir reçu « des marques d'intérêt non sollicitées » en vue de la cession de Barclays Global Investors (BGI), son pôle assurant la gestion de 1.040 milliards de livres d'actifs.
Le Financial Times a le premier vendredi fait état de ces discussions. Le gestionnaire américain BlackRock figurerait en bonne place sur la liste des prétendants, ainsi que Bank of New York Mellon.
La banque britannique a pourtant conclu un accord de principe le mois dernier pour la cession d'une part de BGI, sa filiale iShares, numéro un mondial de la gestion de fonds indiciels cotés (ETF, exchange-traded funds). Mais cet accord conclu pour 4,2 milliards de dollars avec la société de private equity CVC Capital Partners comporte une clause permettant à Barclays d'étudier d'autres offres jusqu'au 18 juin. Barclays serait redevable d'une pénalité de 175 millions de dollars s'il devait abandonner la piste CVC.
Le FT a évoqué un prix de dix milliards pour BGI, une estimation conforme à celles d'analystes ayant misé sur une valeur comprise entre 12 et 15 fois le bénéfice imposable attendu pour l'an prochain, soit entre 8,2 et 10,3 milliards de dollars. Ce prix serait le plus important jamais consenti pour une transaction dans la gestion d'actifs, dépassant les 8,5 milliards versés en 2006 pour l'acquisition de cette activité chez Merrill Lynch. Par BlackRock déjà. Son directeur général Laurence Fink a récemment avancé qu'il était intéressé par la croissance externe dans le domaine des fonds destinés à la clientèle particulière.
Mettre la main sur iShares constituerait pour BlackRock également un atout majeur, ce marché connaissant un succès certain. Les sociétés de private equity BC Partners et Hellman & Friedman étudieraient chacune de leur côté une contre-offre sur iShares. Dans l'attente probable que d'autres prétendants se déclarent, maintenant que l'ensemble de BGI est en jeu, notamment Vanguard selon le FT.
Barclays a en mars dernier renoncé à bénéficier du plan public britannique de garantie des actifs bancaires toxiques. Pour autant, la banque pourrait se satisfaire de pouvoir renforcer sa situation financière au-delà de la vente d'iShares seule. Ses ratios prudentiels sont pour l'heure inférieurs à ceux de ses rivales RBS ou Lloyds.