Barclays Capital freine l'avancée de sa maison mère

Le groupe britannique résiste mieux qu'un concurrent comme Credit Suisse, mais aura du mal à tenir ses objectifs de rentabilité

Par Stéphanie Salti, à Londres le 13/02/2012 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Bob Diamond, le directeur général de Barclays, a eu beau se montrer rassurant lors de la conférence de presse des résultats annuels de la banque vendredi, ses propos ont eu du mal à convaincre. Peu après son arrivée il y a un an à la tête de la banque britannique, le dirigeant s'était fixé un objectif de rentabilité de 13% pour le groupe bancaire en 2013. En 2011, la banque n'est parvenue à atteindre qu'un taux de 6,6% au travers de l'ensemble du groupe, soit encore moins qu'en 2010 où cet indicateur avait atteint 6,8%.
«Clairement, nous ne sommes pas satisfaits par nos retours aujourd'hui même si nous pensons que 13% est exactement l'objectif à atteindre et qu'il reste atteignable», a indiqué Bob Diamond «mais il y a eu beaucoup d'événements que nous n'avions pas anticipés à l'image de l'introduction de la taxe sur les banques au Royaume-Uni (bank levy), les règles en matière de capital, le défi d'un environnement à faible taux d'intérêt ou encore la crise de la zone euro».
Le groupe bancaire a publié un bénéfice imposable de 5,9 milliards de livres (7 milliards d'euros) en 2011, soit 3% de moins qu'en 2010, alors que le consensus des analystes prévoyait un bénéfice de 6,1 milliards. La division de banque d'investissement BarCap a pesé sur les résultats: le bénéfice imposable a atteint 2,965 milliards de livres, en recul de 32% sur une année, pour des recettes en baisse de 22% à 10,3 milliards, conséquence d'une chute des revenus dans le secteur des taux, change et matières premières (-27% ) des actions (-14%) et de la banque d'investissement (-10%). La rentabilité de la division a reculé à 10,4% comparé à 13,5% une année auparavant.
«Bien que ces résultats n'atteignent pas encore nos objectifs, a admis le directeur général de Barclays, c'est une bonne performance comparé au reste de l'industrie. Nous faisons partie des rares entreprises à avoir enregistré des retours à deux chiffres dans un environnement difficile».
La banque, qui a souffert davantage que ses concurrentes américaines mais moins que Credit Suisse, a fait preuve d'un surcroît de transparence sur les niveaux de rémunération de ses salariés: la rémunération variable des salariés de BarCap a atteint en moyenne l'an dernier 64.000 livres, soit un recul de 30% sur une année. Les bonus en numéraire pour BarCap ont été plafonnés à 65.000 livres au titre de 2011. De son côté, Bob Diamond a refusé de dévoiler le sien.

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