Crédit Agricole Assurances et April Group ont annoncé, le 8 septembre dernier, la finalisation d'un accord signant le désengagement par le courtier rhodanien de ses activités vie. Le coût de la transaction portant sur Axeria Vie, spécialisé entre autres sur les contrats d'assurance vie diversifiés (L'Agefi Actifs n°346, p. 2) et de sa filiale April Patrimoine, une plate-forme dédiée à la gestion patrimoniale (L'Agefi Actifs n°406, p. 2), s'élèverait à 40 millions d'euros, ce qui correspond au niveau des fonds propres d'Axeria Vie. L'acquisition demeure soumise à l'approbation des autorités de contrôle qui devrait intervenir dans les deux prochains mois.
A terme, l'intégration de ces entités doit permettre à Predica de renforcer ses positions sur le créneau de l'épargne vie patrimoniale qui se situe entre l'épargne standard et la gestion privée. Selon Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures, « Predica est venue tardivement sur ce segment en raison d'une forte dynamique historique des caisses locales sur l'épargne standard et du choix de la compagnie de s'atteler d'abord à apporter des réponses mieux adaptées en gestion privée à la BGPI et à LCL Gestion Privée »(1).
Acquisition de l'outil informatique.
Comme l'a indiqué dans un communiqué de presse Bernard Michel, directeur général de Crédit Agricole Assurances, cette acquisition permet au groupe se diversifier et« de compléter son offre de produits et de services grâce à une plate-forme de gestion informatique souple et innovante ». Cet outil, développé à raison de cinq millions d'euros, « est paramétrable notamment en fonction d'impératifs métiers - développement commercial, gestion - et des modalités de distribution, selon que le contrat soit commercialisé par internet ou par l'intermédiaire d'un CGPI », ajoute un responsable d'Axeria Vie.
Selon Cyrille Chartier-Kastler, ce choix est d'autant plus justifié que « Crédit Agricole Assurances dispose d'un outil informatique industriel bien intégré à celui des caisses régionales, mais insuffisamment adapté à l'approche patrimoniale qui requiert beaucoup de réactivité et de maîtrise de coûts dans la gestion du sur mesure au niveau des options financières, des unités de compte, de la tarification et du mode de commissionnement des distributeurs ».
L'évolution structurelle...
Ces entités rejoignent UAF Patrimoine, une autre filiale de Predica, dont l'activité est également dédiée à la conception et à la distribution de solutions haut de gamme. Pour autant, les offres commerciales ne devraient pas faire l'objet d'une remise à plat dans l'immédiat. Du côté d'Axeria Vie, on indique que « l'approche des deux sociétés est différente tant au niveau des processus internes que de la nature des apporteurs ; et une cinquantaine de CGPI seulement distribuent les produits des deux maisons. Par ailleurs, les parts de marché cumulées ne représentent que 0,3 % de la distribution de l'assurance vie, soit 400 millions d'euros de collecte, ce qui présage d'un potentiel de développement intéressant. »UAF Patrimoine et Axeria Vie ont d'ailleurs adressé un communiqué à leurs partenaires afin de les assurer de l'absence de projet de rapprochement à court terme et du maintien de leur organisation.
... et de l'offre produits en question.
Une autre interrogation porte sur le sort de l'offre en ligne de l'assureur lyonnais qui a des partenariats avec Mesplacementslibertés, Epatrimoine et Clarity-vie, à mettre en regard avec la banque en ligne de Crédit Agricole Assurances, BforBank. « Le marché des CGPI est suffisamment vaste à l'heure actuelle pour écarter un quelconque projet de synergie à ce niveau-là », avance le représentant d'Axeria Vie.
De la même manière, la structure préserverait son identité au sein de l'organisation de Crédit Agricole Assurances où elle deviendrait une force de proposition au soutien des banques régionales du groupe qui souhaiteraient élargir leur gamme.
(1) Predica a réalisé en 2009 une collecte en épargne vie individuelle de 16,2 milliards d'euros. D'après Facts & Figures, l'activité se répartit pour 8,1 milliards d'euros en épargne standard, 3,1 milliards en épargne patrimoniale et 5 milliards en gestion privée.