Axa a franchi une étape vers un développement plus indépendant en Asie-Pacifique en annonçant hier avoir conclu un accord avec National Australia Bank (NAB) et Axa Asia Pacific Holdings (Axa APH). Il s'agit pour l'assureur français de prendre le contrôle exclusif de sa filiale (elle en détient aujourd'hui 54%) en Asie-Pacifique, hors Australie et Nouvelle-Zélande. L'accord prévoit en effet la reprise en numéraire de la part d'Axa dans sa filiale par NAB pour 7,2 milliards de dollars australiens (4,9 milliards d'euros), puis celle par Axa des activités asiatiques auprès de NAB pour 9,4 milliards.
NAB et Axa APH avaient de leur côté déjà signé un accord le 17 décembre dernier, mettant à mal la mise en oeuvre d'un schéma comparable proposé auparavant par le gestionnaire d'actifs australien AMP. L'assureur français avait dû patienter jusqu'en février pour entamer formellement les pourparlers avec NAB, à l'expiration de la période d'exclusivité consentie avec AMP.
Pour autant, la bataille n'est peut-être pas totalement perdue pour ce dernier, l'autorité australienne, qui doit rendre son avis final d'ici le 22 avril, ayant émis des réserves préliminaires sur l'offre de NAB au motif qu'elle poserait davantage de soucis que celle d'AMP en termes de concurrence.
Pour séduire les actionnaires minoritaires d'Axa APH, l'offre, qui a reçu, argument de poids, l'approbation du comité des administrateurs indépendants de la filiale, leur propose toujours le choix entre deux options, l'une en numéraire (6,43 dollar par titre apporté), l'autre mixte (0,1745 action et 1,59 dollar).
Axa a tenu à souligner hier que le montant net de 2,2 milliards de dollars à verser est «équivalent» à celui prévu par l'offre initiale d'AMP et lui permettra d'enregistrer une plus-value nette de quelque 700 millions d'euros. Au prix d'un repli limité à un point de son ratio de solvabilité (171% à fin 2009) et d'une hausse de 3 points de son ratio d'endettement (26% à fn 2006). L'opération revêt certes un caractère stratégique aux yeux d'Axa en lui ouvrant, enfin, les portes d'un développement autonome dans la zone Asie-Pacifique.
Marc Effgen, analyste chez Helvea, faisait valoir hier le caractère rassurant de l'accord. Il souligne par ailleurs le moindre risque d'intégration du fait d'une parfaite connaissance de la cible par Axa.