Au Fund Forum, les gérants s'interrogent sur l'efficacité d'Ucits IV

La profession dans son entier doit composer avec l'accumulation de réformes, et l'entrée en vigueur aujourd'hui de la directive

Par Valérie Riochet, à Monaco le 01/07/2011 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

«Un tsunami réglementaire». C'est en ces termes que Thomas Seale, directeur général du lobby European Fund Administration et vice-président de l'Alfi a ouvert l'une des sessions plénières de cette édition 2011 du Fund Forum International à Monaco. La profession a fort à faire entre la directive AIFM, la phase 2 des normes IFRS, les incidences de Solvabilité 2 ou encore Ucits IV qui entre en application ce 1er juillet. Le régulateur dans sa profusion de textes, a souhaité que la protection de l'investisseur, par la mise à disposition d'une information plus complète, en soit l'un des grands principes.

Or, pour 60% des votants présents dans la salle, ce développement va engendrer une augmentation des coûts, un surcroît de bureaucratie pour un gain, au bout du compte, mineur. Ce vote de 60% «est une mauvaise réponse, s'est insurgé Jean-Baptiste de Franssu, président sortant de l'Efama. Nous devons absolument mieux informer les clients», a-t-il martelé avant de rappeler que lorsque les gestionnaires vont sur les marchés, l'argent provient des investisseurs. En outre, les participants ont été 49% à se déclarer favorables à une distinction entre produits Ucits complexes et non complexes. «Ce n'est un secret pour personne, certains fonds Ucits sont extrêmement complexes et nous devons trouver un moyen pour les différencier, a expliqué Edouard Vieillefond, vice-secrétaire général de l'AMF. Cela est indépendant de l'émergence des fonds newcits», poursuit-il avant de préciser que cette différenciation ne dénaturera en aucun cas l'esprit des fonds coordonnés.

Quant à la directive européenne Ucits IV à proprement parler, la profession, qui l'accueille ce jour, se dit dans l'expectative, notamment sur la possibilité d'une rationalisation transfrontalière. «Il n'y a pour l'heure pas beaucoup de fusions prévues entre des fonds de juridictions différentes, observe Jamie Hammond, responsable Europe de Franklin Templeton Investments. Nous attendons les textes quant à l'application de la TVA». En effet l'harmonisation fiscale n'existant pas, ces opérations pourraient être diversement taxées. Si la France a indiqué qu'il n'y aurait aucune taxation sur la plus-value dans le cas de rapprochement de deux OPCVM, ce n'est le cas ni de la Suisse, ni de la Belgique. L'Allemagne et l'Espagne ne se sont pas encore prononcées.

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