Le marché français de la banque privée est-il attractif pour les acteurs étrangers ?
Hervé de Montli- vault : C'est l'un des marchés européens les plus importants et il est en croissance régulière, mis à part la période 2001-2002. Il y a de la création de richesse et de nombreuses cessions d'entreprises comme d'immobilier, en particulier depuis un an, car nous sommes en phase de hausse. On peut cependant exprimer un bémol au sujet de la clientèle très haut de gamme qui continue à s'expatrier. Mais ce mouvement ne s'observe qu'à partir d'un patrimoine de l'ordre de 15 millions d'euros et les banques dotées de bons réseaux internationaux et d'équipes intégrées sont capables de les suivre à l'étranger.
Entre l'acquisition d'un acteur local et la création ex nihilo d'une banque, quel est le modèle gagnant ?
Construire une présence locale en partant de zéro est très long. Il faut attirer des professionnels de talent, puis une clientèle. Or, le métier de la banque privée est peu compatible avec une pression lourde sur les collaborateurs pour générer du profit rapidement. La plupart des établissements qui ont pris de telles initiatives n'ont pas encore rentabilisé leurs implantations. L'acquisition permet d'avoir immédiatement une base de clientèle, des expertises et un résultat. Mais il est vrai qu'il y a des risques d'intégration. Les équipes n'acceptent pas toujours l'intervention du nouveau groupe.