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Une rude bataille entre banques privées s''annonce

le 30/09/2005
C inq ans après son implantation en France, UBS Wealth Mana- gement affichait, fin 2004, quelque 4 milliards d'euros d'encours pour 8.000 clients. Des chiffres de nature à convaincre les banques privées internationales d'ouvrir sans attendre leurs bureaux à Paris, même si la rentabilité n'est pas toujours au rendez-vous. De fait, quasiment tous les grands noms du métier sont désormais représentés sur le marché français.

Mais les grandes banques locales veillent jalousement sur le trésor que représente la clientèle privée haut de gamme et selon une étude du cabinet Datamonitor, la part de marché des acteurs étrangers pour la clientèle dite « high net worth individuals » (dont les avoirs financiers dépassent les 300.000 euros) n'atteint que 15 %. Il n'empêche, se partager un gâteau de 1.060 milliards de dollars (le patrimoine financier total des Français détenteurs d'avoirs supérieurs à un million de dollars, selon le Boston Consulting Group) peut donner l'espoir de se constituer une solide clientèle dans l'Hexagone. « Le taux de croissance du marché français est supérieur à celui de la plupart des marchés européens, indique Joël Rochat, directeur de Pictet en France. Mais l'offre bancaire y est très abondante. »

Plusieurs banques spécialisées ont su faire parler d'elles ces dernières années à l'occasion de leurs implantations à Paris, même si l'intérêt des acteurs étrangers pour le marché français n'est pas récent. JPMorgan Private Bank y est présent depuis 1868 et gère aujourd'hui environ 6 milliards d'euros. Elle a mis en œuvre une stratégie commune à l'ensemble du monde, focalisée sur la clientèle très haut de gamme, disposant d'un patrimoine de 20 millions d'euros au minimum. Parmi les américaines toujours, Merrill Lynch développe ses services dans l'Hexagone depuis près de 50 ans. De même, ABN Amro est arrivé en 1977 via le rachat de la Banque de Neuflize, et celui de la Banque OBC en 1994 (les deux acteurs, totalisant une vingtaine de milliards d'euros d'encours, sont d'ailleurs en cours de fusion).

Les Suisses ont récemment fait leur entrée

Quelques groupes étrangers se sont ainsi risqués à acquérir des établissements français existants. Hormis ABN Amro, le Crédit Suisse a acheté Hottinguer en 1997 (et fait disparaître la marque de la banque française en mai dernier), Fortis a mis la main sur la Banque Rivaud en 1998 (devenue MeesPierson Fortis Patrimoine), et HSBC a constitué fin 2003 une banque privée unique en regroupant les filiales dédiées du CCF (Banque du Louvre, Eurofin...) sous le nom d'HSBC Private Bank. Ces opérations ne se sont pas faites sans quelques perturbations : les dirigeants de la Banque du Louvre ont quitté HSBC en 2003 et, en juin dernier, les deux vice-présidents historiques d'OBC se sont retirés après l'annonce du rapprochement avec la Banque de Neuflize.

Plus récemment, ce sont les suisses qui ont fait leur entrée en France. Après UBS en 1999, c'était au tour de Lombard Odier Darier Hentsch en 2001, Mirabaud fin 2003 et enfin Pictet début 2004 de poser leurs plaques dans les beaux quartiers de la capitale. Dans ce contexte, Joël Rochat se donne « cinq ans pour que Pictet fasse partie de la demi-douzaine d'acteurs incontournables auprès de la clientèle privée haut de gamme ». Nul doute que cette ambition est partagée par nombre de ses concurrents. n


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