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Carmignac Gestion bat des records de collecte malgré la crise

le 06/11/2008

La société de gestion indépendante vient d’inaugurer un bureau de représentation à Madrid et doit en ouvrir un autre en Italie.

En ces temps de crise où les sociétés de gestion de toutes tailles sont affectées par des retraits importants de la part des investisseurs, Carmignac Gestion sort son épingle du jeu. La société de gestion, dirigée par le charismatique Edouard Carmignac, enregistre depuis le début de l’année une collecte nette de plus de 2 milliards d’euros en Europe, la classant au troisième rang des sociétés de gestion en termes de collecte sur les fonds internationaux.


Selon le classement Lipper Feri (voir le tableau), seuls figurent devant elle Société Générale et surtout le géant Barclays Global Investors (1.200 milliards d’euros d’actifs). Celui-ci a collecté 12 milliards d’euros sur les huit premiers mois de l’année grâce essentiellement à ses ETF (exchange traded funds), des fonds indiciels passifs cotés autrement appelés trackers. Chez Carmignac, rien de tout cela. « Notre collecte s’est faite sur des fonds actions internationales gérés de façon active et des fonds diversifiés », affirme Eric Helderlé, directeur général de la société.


Alors qu’elle fêtera ses 20 ans l’an prochain, Carmignac est passée au travers de toutes les crises, et notamment celle du premier trimestre qui a emporté d’autres structures comme Richelieu, dirigée par le non moins charismatique Gérard Augustin-Normand, contraint de s’adosser au groupe bancaire belge KBL.



Le choix de la gestion d’actifs


Une des premières raisons de la résistance de Carmignac tient dans sa spécialisation sur un seul métier : la gestion d’actifs. Pas de gestion de fortune, pas d’activité de distribution ou de multigestion, ni de tenue de compte ou de valorisation. « Nous avons fait le choix délibéré de ne pas opter pour un statut bancaire », explique Eric Helderlé. Un choix qui, selon lui, permet à l’entreprise de concentrer tous ses efforts sur la gestion et d’apparaître régulièrement en tête des classements de compétitivité des fonds. « Tout notre modèle est basé sur la performance, résume le directeur général. Si nous n’apparaissons pas dans le premier quartile, nous ne collectons pas. » Et d’ajouter que « le seul discours qui vaille auprès des clients particuliers est celui de la performance absolue, pas celui de la performance relative à un indice ». Le fonds vedette de Carmignac, Carmignac Investissement, affiche ainsi un rendement annualisé de plus de 12 % depuis sa création en 1989 et de près de 900 % en cumulé (à fin juin).


Diversification sur les émergents


Deuxième explication : très tôt, la société a diversifié les actifs sur lesquels elle investit. Une distinction par rapport aux sociétés indépendantes qui étaient trop exposées aux petites et moyennes capitalisations françaises et qui ont été piégées par les retraits massifs d’investisseurs. Dans la gestion actions de Carmignac, plus de 95 % des actifs sont investis hors de France, notamment sur les marchés émergents.


La société s’est également payé le luxe de sortir en décembre 2007 un fonds monétaire dynamique « cash plus », « pour faire un pied de nez après la crise sur cette classe d’actifs ». Ayant pour objectif de battre l’indice Eonia capitalisé, il dynamise sa performance en investissant une partie du capital sur les actions. Enfin, Carmignac Gestion accentue son développement à l’international. Si une filiale employant une trentaine de personnes a été créée au Luxembourg en janvier 1999, lui permettant de distribuer ses fonds luxembourgeois dans sept pays européens hors de France, la société a inauguré, le 28 octobre dernier, un bureau de représentation à Madrid, tandis qu’un autre doit ouvrir avant la fin de l’année en Italie dans un souci de proximité avec la clientèle. « Carmignac Gestion est de moins en moins française et de plus en plus européenne, se réjouit Eric Helderlé. Cela permet de lisser les aléas conjoncturels par pays et de diversifier nos sources de clientèle en même temps que nos distributeurs. » Une nécessité dans la conjoncture actuelle et surtout... à venir.

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