Adecco fait désormais preuve de plus d'optimisme. Le leader mondial du travail temporaire a dégagé au dernier trimestre un bénéfice net de 42 millions d'euros, supérieur de plus de 20% au consensus, contre une perte de 22 millions un an auparavant. Si le chiffre d'affaires s'est encore contracté de 18% à 3,78 milliards sur la période, la baisse est moins importante que sur l'ensemble de l'année où l'activité a plongé de 27% à 14,8 milliards pour un bénéfice net de seulement 8 millions.
«Nous avons constaté depuis début 2010 une poursuite de l'amélioration des conditions d'exploitation observée au dernier trimestre, notamment sur nos principaux marchés français et américains qui ont renoué avec la croissance en rythme annuel», déclare Patrick de Maeseneire, directeur général d'Adecco. Le Royaume-Uni et l'Allemagne restent encore en retrait. Sur le seul mois de janvier, le repli du chiffre d'affaires consolidé s'est limité à 5% sur une base organique et ajustée. Le groupe suisse se dit davantage confiant dans la reprise du secteur, même s'il estime «encore faible la visibilité concernant la demande pour les prochains mois».
Adecco a relevé de 5% à 5,5% son objectif de marge d'exploitation à moyen terme grâce notamment à une base de coûts plus faible. Il se compare à une marge de 2,7% en 2009 et 4,5% en 2008. Cet objectif correspondrait à un bénéfice d'exploitation «d'environ un milliard d'euros à l'horizon 2012, soit légèrement plus que le sommet du cycle atteint en 2007», précise le bureau d'analyse de la Banque Cantonale de Zurich.
L'exposition plus importante du groupe au placement de personnel qualifié jouera également un rôle positif, après le rachat de l'américain MPS Group finalisé le 19 janvier dernier. Les coûts d'intégration «seront d'environ 25 millions d'euros» pour des synergies annuelles du même ordre dégagées dans les deux ans à venir. Durant cette période, «Adecco se concentrera sur la croissance organique», a précisé Patrick de Maeseneire, excluant de facto toute acquisition.
Le groupe proposera le paiement d'un dividende de 0,75 franc suisse par action au titre de 2009, soit une division par deux par rapport à l'année précédente. L'action a néanmoins bien réagi à cette publication en progressant hier de 4,04% à 56,7 francs suisses sur la Bourse de Zurich.