Le numéro un mondial du travail temporaire fait ses emplettes outre-Atlantique. Adecco a ainsi divulgué hier les détails d'une offre amicale visant les titres de son concurrent américain MPS Group, également présent au Royaume-Uni et spécialisé dans le placement professionnel.
Adecco offre 13,80 dollars par action, soit au total 782 millions d'euros correspondant à une prime de 24% sur le cours de clôture lundi soir. De quoi porter la part des recettes du groupe sur le segment «à plus fortes marges et aux perspectives prometteuses» du placement professionnel de 17% en 2008 à 25% (en tenant compte de l'acquisition de Spring Group, dont Adecco a annoncé la finalisation hier). Les analystes de la banque Wegelin restent dubitatifs face à un prix jugé élevé, d'autant plus eu égard aux incertitudes pesant sur la reprise économique aux Etats-Unis.
Adecco attend en tout cas un effet relutif de l'opération dès l'an prochain, avec des synergies annuelles de 25 millions d'euros d'ici deux ans. Pour l'heure, le groupe parvient quoi qu'il en soit finalement à s'engager dans une opération significative, après que l'échec de la reprise de Michael Page l'an passé a précipité la chute du prédécesseur de Patrick de Maeseneire, directeur général depuis le mois de juin dernier.
Adecco a dans ce contexte tenu à avancer hier que l'activité du troisième trimestre (dont les résultats sont attendus le 5 novembre) s'était déroulée «tout à fait en ligne avec les attentes de la direction». Mieux, le groupe assure que les conditions de marché se sont améliorées au cours du trimestre écoulé.
Si le groupe helvète assure que l'acquistion de MPS Group sera financée grâce à des ressources existantes, il a en parallèle annoncé le lancement d'un emprunt obligataire de 900 millions de francs suisses (595 millions d'euros). Les titres convertibles auront une échéance de trois ans et leur rendement devrait se situer entre 5,50 et 6,50%.
Pourtant, Adecco a concédé que ces opérations devraient avoir un impact négatif sur sa notation crédit. La réaction de S&P n'a en effet pas tardé, l'agence plaçant la note «BBB» de l'émetteur sous surveillance avec implication négative. S&P craint un affaiblissement de la flexibilité financière d'Adecco et un risque opérationnel accru au regard de conditions de marché incertaines.