Chaque tempête apporte son lot de décomptes macabres et Xynthia, survenue dans la nuit du 27 au 28 février, ne fait pas exception. Au-delà de l'aspect humain (51 morts), les assureurs et leurs associations professionnelles ont commencé à en chiffrer le coût financier. Dans ce domaine, ce dernier peut nettement différer du coût humain, comme le montre chaque année le bilan des réassureurs.
Les premières évaluations un tant soit peu précises devraient ressortir à partir de mercredi. Entretemps, les observateurs y vont de leurs estimations et banquiers et assureurs font connaître leurs dispositifs.
De l'avis des météorologues et d'après les constats, Xynthia n'a pas été aussi violente que les tempêtes Lothar et Martin, survenues en décembre 1999 et dont les montants assurés s'étaient élevés à 6,9 milliards d'euros. Elle pourrait davantage se rapprocher de la tempête Klaus, de janvier 2009. Celle-ci aurait coûté 1,68 milliard d'euros aux assureurs français. Selon les chiffres du Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema), son coût s'est élevé à 370 millions d'euros pour les seuls groupes mutualistes.
La tempête Klaus avait représenté pour Scor deux points de ratio combiné (rapport entre la somme des frais de gestion et des coûts des sinistres et les primes encaissées), 0,6 pour Munich Re et 0,7 point pour Axa. «Nous sommes très loin des sinistres du type Katrina et Wilma/Rita en 2005, qui avaient représenté 19 points de ratio combiné pour Munich Re», rappellent Danny Jacques et Olivier Pauchaut, analystes de Raymond James Euro Equities.
Selon Nicolas Sarkozy, l'état de catastrophe naturelle sera décrété aujourd'hui. Il permettra aux assureurs de bénéficier du régime de la Caisse centrale de réassurance, garantie par l'Etat, pour les dégâts liés aux inondations. Les dégâts liés à la tempête et aux effets du vent sont en revanche couverts par les contrats dommages aux biens. «En termes de coût pour les assureurs et les réassureurs, écrivent Danny Jacques et Olivier Pauchaut, l'impact pourrait, à première vue, représenter de l'ordre de deux points de ratio combiné supplémentaires en 2010.» Effet collatéral positif, «cette catastrophe naturelle devrait accélérer la remontée des tarifs en [assurance] dommages».