SPAC ou Special Purpose Acquisition Company. Tel est le modèle que Wendel propose aux investisseurs allemands. Le groupe français a en effet annoncé qu'il soutenait l'introduction prévue le 1er février de Helikos, structure dont l'unique objet est d'investir dans les deux ans dans une société allemande non cotée. La cible sera recherchée dans l'univers des Mittelstand (entreprises de taille moyenne) avec une valeur d'entreprise située entre 300 millions et 1 milliard d'euros. Pour cela, Helikos vise une levée de 250 millions d'euros. 25.000 unités seront mises en vente à 10 euros, chaque unité regroupant une action et un warrant avec un prix d'exercice de 9 euros.
Wendel engagera pour sa part 10 millions, dont 8,8 millions via des warrants (aux mêmes modalités). Il sera aussi actionnaire de Helikos aux côtés de Hermann Simon (fondateur du cabinet de conseil Simon Kucher à Partners) et de Roland Lienau (directeur associé chez Wendel). Ces trois fondateurs ont investi 144.000 euros pour créer Helikos (dont 88% à la charge de Wendel). Ils ont en échange reçu des titres (founding shares). Or ces titres seront convertibles en actions cotées: un tiers au closing de l'acquisition visée, un tiers si les actions traitent au-dessus de 11 euros (pendant vingt jours sur trente séances consécutives) et un tiers si le cours dépasse 12 euros. Une partie des founding shares pourra aussi être rachetée pour que les titres convertis n'excèdent pas 24% du capital. In fine selon le prospectus, Wendel pourrait avoir 21,12% du capital, ses deux partenaires 1,44% chacun et le public 76%.
Les investisseurs disposeront en outre d'une option de sortie (au prix d'entrée) au moment de l'acquisition de la cible s'ils ne valident pas le choix proposé.
Pour une PME allemande nécessitant du capital et ne souhaitant pas prendre à sa charge une IPO, se tourner vers un SPAC pourrait avoir des avantages. Pour Wendel, le mécanisme a aussi un intérêt puisqu'il lui permettra de prendre une exposition en Allemagne sans engager trop de capitaux dans l'immédiat.
Reste à savoir si, dans le contexte actuel, les investisseurs seront prêts à s'engager dans un projet qui n'a pas encore de base opérationnelle. D'autant que ce format de SPAC est plutôt innovant en Europe. Selon un proche du dossier, «les premiers tests ont fait ressortir un certain appétit chez les investisseurs».