Restauration de la marge de manœuvre financière, réalisation d'investissements et optimisation du portefeuille de participations: les grandes lignes de la stratégie de Wendel demeurent malgré la décision prise lundi par Standard & Poor's (S&P). L'agence de notation a en effet dégradé la note long terme de la société d'investissement de «BB» à «BB-» en raison d'un ratio d'endettement («ratio loan to value», LTV) resté trop longtemps supérieur aux 45% requis pour une notation «BB». A fin mai 2010, le ratio loan to value de Wendel s'établissait autour de 54%.
La dégradation de la notation de Wendel s'accompagne d'une perspective stable, l'agence de notation prévoyant un retour du ratio loan to value à 50% début 2011. «Des cessions de taille importante associées au remboursement de la dette existante ou à un accroissement de la valeur de l'actif pourraient améliorer le profil de risque de Wendel», estime S&P. L'agence de notation souligne en revanche qu'une baisse significative des titres des participations clés de Wendel affecterait le profil de la société d'investissement.
«Cette dégradation ne constitue pas une surprise», estime un analyste, soulignant que Wendel ne souhaite pas procéder à des cessions au sein de son portefeuille. «La réduction de la dette se poursuit», avait indiqué fin mars dernier Frédéric Lemoine, président du directoire, à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe. Toutefois, «notre politique n'est pas de nous désendetter à tout va, sinon nous aurions cédé Legrand, mais de maximiser la création de valeur», avait alors ajouté le dirigeant.
D'une maturité moyenne de 4,2 ans, la dette financière de Wendel s'établissait à fin 2009 à 7,2 milliards d'euros, traduisant une réduction de 1,1 milliard depuis le premier trimestre 2009. Cette dette inclut 4,5 milliards de dettes bancaires contractées pour financer la participation dans Saint-Gobain, et 2,7 milliards de dettes obligataires, restructurées à plusieurs reprises.
Wendel a par ailleurs clôturé les restructurations financières au sein de son portefeuille. Après Materis et Stahl, Wendel a bouclé la renégociation de la dette de sa filiale Deutsch en avril dernier.