WPP a publié des résultats en hausse hier: son chiffre d'affaires (CA) du premier semestre s'établit à 4,44 milliards de livres (5,4 milliards d'euros), en augmentation de 2,5% en organique (et de 3,1% sur 7 mois à fin juillet); de plus sa croissance au deuxième trimestre, de 5%, a dépassé les prévisions de 1,5 point.
Malgré cela, le géant britannique a eu un discours ambigu sur ses prévisions. S'il laisse entendre que sa croissance annuelle pourrait être supérieure aux 3,1% constatés à fin juillet (contre une projection de +2 jusqu'ici), il a fait état de vents contraires menaçants. Des inquiétudes concernant la contagiosité des déboires de la Grèce à toute la zone euro, l'impact des programmes d'austérité en Angleterre, en France et en Italie, et l'attitude de l'administration Obama vis-à-vis du monde des affaires conduisent en effet WPP à rester prudent. Pour le groupe présidé par Martin Sorrell, «le scénario le plus probable est celui d'une croissance lente et laborieuse, particulièrement sur les marchés géographiques matures et sur les médias traditionnels».
Toutefois, jusqu'ici, la reprise de l'économie, tirée par l'impulsion fiscale et monétaire de l'après-crise, a contribué aux bons résultats de WPP. L'Amérique du Nord, son plus gros marché à 35,7% du CA, constitue un grand sujet de satisfaction, puisque ses revenus y ont crû de 5,8% par rapport à la même période 2009. Arrive derrière le Royaume-Uni et ses 2,8% de croissance, les marchés émergents qui ont enregistré un timide 0,7% et enfin une Europe occidentale qui déçoit avec une baisse de 0,2%. Du côté des segments d'activité, la publicité et la gestion de l'investissement médias réalise la meilleure performance du groupe avec 3% de croissance.
La croissance du CA laisse présager les autres bonnes surprises du bilan semestriel. L'Ebitda du groupe s'élève à 560 millions de livres, en hausse de 23% et la marge opérationnelle ressort à 10,3% (+2,3 points de marge). Le bénéfice avant impôt suit le mouvement, en augmentation de 36% à 244 millions. WPP réussit à dégager un cash-flow libre de 284 millions dont la majeure partie a déjà été absorbée, ce qui aboutit à des rentrées nettes de 39 millions. Enfin, la dette nette s'est rétrécie de 418 millions de livres par rapport au premier semestre 2009, à 3,03 milliards.