Après GM, c'est au tour de Volkswagen de se lier à Suzuki. Le constructeur allemand a officialisé hier l'accord qui avait fait l'objet de rumeurs la veille sur le marché. Concrètement, VW prendra 19,9% de Suzuki, la participation que détenait auparavant General Motors et que Suzuki lui avait rachetée il y a un an. En retour, Suzuki investira la moitié des fonds obtenus (222,5 milliards de yen, soit 1,7 milliard d'euros) en actions VW.
Stratégiquement, les objectifs sont clairs. Suzuki s'adosse à un grand du secteur à même de lui fournir des technologies. De son côté, VW vise un renforcement sur les petits véhicules, en particulier dans les émergents. «Suzuki est la maison mère de Suzuki Maruti, qui produit plus de la moitié des voitures vendues en Inde», un marché sur lequel VW est encore un «petit acteur», rappelle CreditSights. D'une manière plus générale, Equinet souligne lui aussi les complémentarités entre d'un côté un VW très présent en Europe, en Chine et au Brésil via des véhicules moyenne gamme et de l'autre un Suzuki bien implanté en Asie grâce à des voitures plus petites.
L'accord a été d'autant mieux accueilli que VW ne surpaie pas son investissement. Loin de payer une prime, VW «va obtenir sa participation dans Suzuki avec une décote de 13% sur le cours de la veille», note Equinet en précisant que «cela valorise Suzuki à un ratio valeur d'entreprise sur ventes inférieur à 0,5».
A titre de comparaison, Mitsubishi traite à un ratio voisin de 1 alors qu'il est plus petit que Suzuki. Dans l'automobile japonaise, seul Mazda affiche un ratio comparable (0,45). Mais il est aujourd'hui isolé avec la distance prise par Ford et, contrairement à Suzuki, il était dans le rouge sur le dernier exercice. D'ailleurs Equinet salue la robustesse de Suzuki, «qui reste bénéficiaire même pendant la crise». Ainsi pour le bureau allemand, «compte tenu des synergies potentielles, VW a obtenu un prix attractif».
Enfin, le marché ne nourrit pas d'inquiétude sur l'impact financier de cette opération dans les comptes de VW. Rappelant que l'allemand disposait de 22,7 milliards de cash fin septembre, CreditSights précise que «VW a un bilan suffisant pour absorber la reprise de Porsche et la prise de participation dans Suzuki sans détériorer ses notes». D'autant qu'il augmentera son capital au premier semestre 2010. Fitch a confirmé que les notes de VW resteraient inchangées.