Maintien de la rentabilité. Tel est le mot d'ordre des perspectives 2010 de Vinci. Dans le domaine des concessions autoroutières françaises, cela sera mesuré en rapportant l'Ebitda au chiffre d'affaires (lequel devrait progresser modérément). Le groupe précise à cet égard qu'il a dépassé ses objectifs en 2009. La marge a atteint 68,5%, soit un gain de 1,2 point par rapport à l'année précédente. Dans le détail, elle a été de 67,3% chez ASF/Escota pour un objectif de 67,3% et de 72% chez Cofiroute pour un objectif de 69%.
Pour l'autre grand pôle du groupe, celui du «contracting» (énergie, routes, construction), c'est le résultat opérationnel qui sert habituellement pour la mesure des performances. Là aussi, Vinci vise un maintien de la profitabilité à ses niveaux de 2009 (en intégrant un léger recul de l'activité). L'an passé, la marge opérationnelle de ce pôle a reculé de 25 points de base à 4,5%. Vinci avait prédit un recul limité de la marge.
Synthèse des résultats de ces deux branches, le résultat opérationnel global du groupe s'est établi l'an passé à 3,19 milliards d'euros. Bien qu'en recul de 3%, il sous-tend une amélioration de 0,2 point de la marge à 10%. Et surtout, il s'avère un peu supérieur aux attentes du marché, qui s'établissaient en moyenne à 3,09 milliards d'euros.
Le groupe réunira la presse et les analystes aujourd'hui pour une présentation détaillée de ses résultats. Si Vinci a donné de manière précise ses attentes en matière de rentabilité, les spécialistes du secteur souhaiteront certainement obtenir des éclaircissements sur les tendances d'activité dans les concessions. Certains espéraient que Vinci ferait part de signes de reprises dans le trafic camions, surtout après les prévisions d'Eiffage (qui attend un rebond de 4% en 2010). Mais dans son communiqué, Vinci se contente d'écrire que l'activité serait «dynamisée en cas de redémarrage du trafic poids lourds». Ce qui peut laisser supposer qu'il n'a pas encore entrevu de reprise.
Les analystes pourraient aussi chercher à en savoir plus sur les actifs auxquels pense le groupe lorsqu'il évoque «une reprise des développement par croissance externe». En tout cas, Vinci a d'ores et déjà précisé qu'il veillerait à préserver sa notation de crédit.