Edhec Institutional Days

Vers une utilisation plus pointue des ETF par les investisseurs

La quatrième édition de l’ETF Survey confirme leur succès croissant. Crise oblige, la proportion d’investisseurs utilisant les ETF « bear » a doublé.

Par Agnès Lambert le 20/05/2009 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

C'est un plébiscite : 95 % des 360 sociétés de gestion, investisseurs institutionnels et gérants privés ayant répondu à l'ETF Survey 2009 du centre de recherche de l'Edhec ont déjà utilisé des ETF (exchange traded funds) actions. En 2006, lors de la première édition de l'étude, ils n'étaient que 45 %. Mais les grands gagnants de l'année sont véritablement les ETF obligataires utilisés par 80 % des répondants, soit le double de l'année précédente.

« Le marché est devenu plus mature : l'offre s'est largement développée, notamment sur les ETF obligataires l'an dernier, et les investisseurs sont désormais à l'aise avec ces produits, analyse Felix Goltz, directeur des études au centre de recherche et co-auteur de l'ETF Survey 2009. Mais l'utilisation principale des ETF reste l'exposition de long terme à un indice de marché actions large. Cela montre que les investisseurs, bien qu'en progrès sur ce point, n'utilisent pas encore tout le potentiel des ETF. »

« Short » et prêt-emprunt

La cotation en continu, atout indéniable de ces fonds indiciels, est ainsi sous-exploitée par les investisseurs. « L'étude confirme ce que nous pressentions : nos clients achètent des ETF en majorité pour le long terme », confirme Valérie Baudson, responsable du développement des ETF de Crédit Agricole Structured Asset Management (CASAM). Pourtant, la crise a largement dynamisé l'usage tactique des ETF : le nombre d'investisseurs utilisant des trackers évoluant à l'inverse du marché a doublé cette année pour atteindre 28 %. Signe des temps, cette question n'avait pas été posée dans la première édition de l'enquête de l'Edhec en 2006, car l'offre de trackers « bear » était alors inexistante.

Dans la même veine, 14 % des répondants déclarent cette année vendre des ETF à découvert. Ces chiffres confirment que les investisseurs commencent à mettre en œuvre des stratégies plus complexes via des ETF, ce qui est nouveau. « Le prêt emprunt d'ETF et les options sur ETF sont encore très marginalement mis en œuvre par les investisseurs, mais connaissent une augmentation sensible, assure Felix Goltz. On voit bien que les émetteurs d'ETF ont fait un travail important pour expliquer l'intérêt du prêt-emprunt d'ETF, qui permet par exemple de couvrir les frais de gestion, donc de répliquer au mieux l'indice. » Huit ans après leur lancement en Europe, les émetteurs de trackers peuvent en effet passer à la vitesse supérieure dans leur discours, maintenant que les fonctionnalités essentielles des ETF sont bien intégrées par les investisseurs. « Les clients nous interrogent désormais régulièrement sur le prêt-emprunt d'ETF et sur la capacité à les ‘shorter' », confirme Valérie Baudson.

Autre enseignement de l'étude, une très large majorité (83 %) d'investisseurs prévoient d'augmenter leur utilisation d'ETF. Ces produits devraient donc encore gagner des parts de marché face aux autres outils de gestion passive comme les futures, les fonds indiciels traditionnels et les total return swaps. « La volatilité est telle que le ‘market timing' est devenu crucial, analyse Danièle Tohmé-Adet, coresponsable de la plate-forme EasyETF chez BNP Paribas Investment Partners. Les investisseurs veulent maîtriser leur prix d'entrée, ce qu'ils peuvent faire avec un ETF, mais pas avec un fonds indiciel classique, pour lequel ils achètent à cours inconnu. »

L'utilisation croissante des ETF par les investisseurs devrait inciter les émetteurs à continuer à élargir leur offre. D'après l'ETF Survey 2009, les nouvelles demandes portent aujourd'hui principalement sur les ETF répliquant des indices de marchés émergents : 47 % des répondants souhaitent que cette classe d'actifs soit plus développée. On peut penser à des produits répliquant des indices sectoriels ou de style (value/growth), ou des indices obligataires d'Etat ou corporate sur ces marchés. En revanche, seuls 14 % des répondants déclarent souhaiter le développement d'ETF actions gérés activement. Un chiffre qui ne laissera sans doute pas les émetteurs indifférents.

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