Veolia boucle à son tour une offre d'achat et d'échange obligataire

Le groupe profite de la faiblesse des taux longs pour refinancer des lignes 2012 et 2013 en émettant 834 millions d'euros à 2021

Par Alexandre Garabedian le 02/07/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Veolia boucle à son tour une offre d'achat et d'échange obligataire

Veolia rajoute son nom à la liste des offres d'achat et d'échange obligataires réussies. Le numéro un mondial des services à l'environnement proposait de reprendre deux souches obligataires d'échéance 2012 et 2013, listées au Luxembourg, d'un montant nominal d'un milliard d'euros chacune. Les investisseurs lui en ont apporté pour 263 millions d'euros en valeur nominale.

En parallèle, il a placé 834,5 millions d'euros d'obligations d'échéance 2021, listées cette fois à Paris, à un spread de 130 points de base au-dessus des mid-swaps, soit dans le bas de la fourchette de 125 à 140 pb annoncée avant l'opération. En net, Veolia touchera donc 572 millions et rallonge la maturité de sa dette obligataire. Le groupe s'était fixé comme limite une opération d'un milliard d'euros, afin de ne pas créer une «bosse» trop marquée dans son profil de remboursement à l'échéance 2021.

L'opération, structurée par SG CIB et menée avec le soutien de BNP Paribas, Natixis et RBS, a du sens pour Veolia. Les lignes obligataires février 2012 et mai 2013 que le groupe se proposait de racheter paient des coupons respectifs de 5,875 % et 4,875 %. «Dans son document de référence 2009, Veolia indiquait qu'environ 2 milliards d'euros de son cash était placé à un intérêt proche de l'Eonia, actuellement de 0,33 %. Il est sensé, de son point de vue, d'utiliser cette liquidité pour racheter des obligations avec de tels coupons», soulignaient les analystes crédit de CreditSights avant l'opération. La nouvelle ligne 2021 offre un coupon inférieur, à 4,25 % environ.

Pour les investisseurs, «les conditions de l'offre, à 10 pb sous les mid-swaps pour la 2012 et à 20 pb au-dessus pour la 2013, étaient plutôt agressives», relève cependant un vendeur crédit. «Les investisseurs sont-ils prêts en ce moment à renoncer à de tels coupons, surtout vu le faible risque lié à la maturité résiduelle des deux obligations?», s'interrogeait CreditSights.

De telles offres d'achat et d'échange connaissent en tout cas un regain de vigueur depuis le début de l'année, les émetteurs profitant de la faiblesse des taux longs. Aéroports de Paris avait innové en la matière fin avril (L'Agefi Hebdo du 13 mai). Casino, par deux fois en 2010, et Air Liquide, ont également échangé des lignes plus courtes contre des obligations de maturités supérieures.

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