La gestation du troisième groupe de protection sociale français suit son cours. Les groupes Aprionis et Vauban Humanis ont adressé leur dossier de fusion aux fédérations Agirc, Arrco et au Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) , ce qui ouvre la voie aux consultations avec les instances représentatives du personnel. Un semestre de concertation qui débouchera fin janvier 2011 sur la création de l'association sommitale, baptisée Humanis. Forte de 4.500 collaborateurs, la nouvelle entité devrait être pilotée par Damien Vandorpe, actuellement à la tête de Vauban Humanis, proposé au poste de directeur général. Elle devrait être installée à Malakoff, dans l'immeuble du «Cadran».
Les deux groupes présentent des complémentarités géographiques, Vauban Humanis étant actif dans le nord du pays et Aprionis dans la moitié sud. Avec 5,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en retraite complémentaire, le nouvel ensemble occupera la troisième place de l'ensemble Agirc-Arrco. En assurance de personnes, il deviendra le quatrième acteur des institutions de prévoyance avec 981 millions d'euros de chiffre d'affaires. Un niveau qui laisse entrevoir une marge de progression, puisque la taille critique dans les opérations de rapprochement est généralement estimée entre 1,5 et 2 milliards d'euros.
Cette union illustre une tendance de fond dans le secteur des institutions de prévoyance, où l'intensification de la concurrence et l'évolution des caisses de retraite complémentaire poussent au regroupement. Dans le cadre du projet «usine retraite», une plate-forme unique de gestion prévue pour 2013, les fédérations Agirc et l'Arrco ont incité les groupes de prévoyance à se réunir au sein de GIE informatiques, au nombre de six aujourd'hui.
«C'est autour de l'outil informatique que s'organisent les opérations de rapprochement. Aprionis et Vauban Humanis partagent ainsi la plate-forme Alcire en retraite complémentaire, également utilisée par Apicil et Ircem», rappelle Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet de conseil Facts & Figures. Les opérations finalisées ou annoncées sont légion : La Mondiale s'est rapprochée d'AG2R, Réunica a absorbé Arpège et Mornay prévoit de s'unir à la Mutuelle Générale. Selon Cyrille Chartier-Kastler, «d'ici à cinq ans, il ne devrait plus rester que trois à cinq groupes pesant chacun d'eux plus d'un milliard d'euros de cotisations en collectives».