Il y a un an, les établissements sous perfusion des pouvoirs publics étaient considérés comme les perdants de la crise financière. Mais en voulant imposer des limites au levier bancaire, ainsi que des contraintes de liquidité et de fonds propres vis-à-vis des activités de financement et d'investissement (BFI), les régulateurs et les législateurs modifient la donne en profondeur.
Selon une étude menée par le cabinet de conseil Oliver Wyman et la recherche de Morgan Stanley, cinq scénarios possibles ont été identifiés. Le plus probable envisage une approche équilibrée et coordonnée des différents régulateurs. L'étude évalue à 4% le coût de ce scénario central en rendement des fonds propres (return on equity, RoE).
Mais «le risque d'une régulation plus ‘punitive' est grand. Celle-ci aurait un effet spectaculaire sur les portefeuilles d'activités des banques; elle viendrait réduire leur marge de manoeuvre financière en limitant leur capacité à utiliser du levier, ce qui pourrait affecter in fine le financement des entreprises». Les rédacteurs de l'étude estiment qu'un tel scénario pourrait coûter environ 8% de RoE.
En tout état de cause, la capacité à générer des volumes d'échange très importants sera déterminante. D'une part, parce qu'en arrière-plan, la contraction des spreads de cotation dans les crédits «accentue la demande pour une meilleur efficacité des plates-formes de trading».
D'autre part, le plus faible recours au levier bancaire (que ce soit par prudence ou pour des raisons réglementaires) va également donner l'avantage aux BFI capables de générer des effets d'échelle. «Il existe des opportunités de croissance dans les marchés émergents, dans les stratégies absolute return, dans la désintermédiation et dans la gestion actif/passif. Mais faute de levier dans le système, la croissance viendra de la part de marché ou d'un portefeuille d'activités très sélectif», estiment les auteurs.
Pour les acteurs plus spécialisés, le salut viendra de leur capacité à utiliser leur bilan avec parcimonie. Ces activités moins gourmandes en fonds propres sont par exemple le cash management, les services titres, le trade finance... Mais les BFI devront faire face à la concurrence des fonds d'investissement. Ils ne dépendent pas de la réglementation bancaire et, comptant souvent d'anciens banquiers, ont une capacité d'ingénierie financière non négligeable.