Les small et midcaps souhaitant transférer leur cotation d'Eurolist vers Alternext se font rares, un mois après l'adoption de la loi Brunel qui autorise cette opération afin de juguler les retraits de la cote. «Une partie de nos clients nous ont consultés sur le sujet mais aucun émetteur ne nous a informés de sa volonté de procéder à un tel transfert», explique Stéphane Ruiz, directeur associé de l'agence de communication financière Actifin, spécialisée sur les petites et moyennes valeurs. «Nous n'en entendons pas parler», abonde l'un de ses concurrents qui compte une quinzaine de clients éligibles. «A notre connaissance, aucun client n'a pris la décision de sauter le pas», explique le président d'une autre agence.
A ce jour, seules 5 sociétés ont officiellement déclaré leur intérêt, sur les 514 présentes sur les compartiments B et C d'Eurolist. Elles ont soumis en assemblée générale des résolutions permettant d'examiner cette possibilité et/ou autorisant ces transferts de titres: le distributeur d'articles de bricolage Bricorama, l'agence de communication Makheia, l'éditeur de logiciels Prologue, le constructeur de cheminées métalliques Poujoulat et le prestataire d'opérations de mailing Groupe Diffusion Plus.
Comment interpréter ce relatif désintérêt ? Les PME cotées se sont accommodées des coûts et des contraintes imposées par la cotation sur le marché réglementé, jugent deux de ces trois professionnels. Et le différentiel de coût entre Eurolist et Alternext serait mineur, de quelques dizaines de milliers d'euros. Autre entrave, de nombreux fonds sont assez réticents à se positionner sur Alternext, malgré un décret du 23 décembre 2006 autorisant les OPCVM à investir sans limite sur le marché non réglementé mais régulé de Nyse Euronext. Le retard pris dans l'adoption de la loi a également dû freiner quelques prétendants.
Mais Caroline Weber, directrice générale MiddleNext, s'inscrit en faux. Pour la responsable de l'association de lobbying des valeurs moyennes, «une vingtaine de PME sont prêtes à se transférer immédiatement». En cas de concrétisation de ces projets, elle pronostique «par effet boule de neige plus d'une centaine de transferts». Scénario auquel ne croit pas Stéphane Ruiz. «C'est un faux débat. Je suis persuadé que cette possibilité sera oubliée si la revalorisation des valeurs moyennes observée ces derniers mois se confirme».