www.agefi.fr
lundi 15 mars 2010
THÈMES D’ACTUALITÉ »
   
Bonus    •    Normes comptables    •    Déficit    •    CDS    •    Grèce    •    ETF    •    ISR    •    Finance durable    •    Gestion indicielle



Une faillite d'AIG aurait posé un risque systémique

le 17/09/2008

L'assureur sert notamment de contrepartie pour 441 milliards de dollars de CDS, au principal bénéfice d'institutions financières européennes

«AIG n’est pas Lehman, ils ne peuvent pas le laisser tomber». Marcus Ernst, stratégiste crédit chez UniCredit, résumait hier un sentiment largement partagé sur le marché. Avant que la Réserve fédérale ne se décide dans la nuit à venir en aide à l'assureur américain (Lire aussi pages 1 et 20), les investisseurs craignaient qu’une faillite du groupe ne provoque un risque systémique bien plus élevé que la chute de la banque d’affaires. Des craintes accentuées par le nouveau plongeon du titre mardi, qui a clôturé en baisse de 21.22%, à 3,75 dollars à la Bourse de New York.

L’extension de la crise à un acteur de l’assurance poserait de gros problèmes à la sphère financière. AIG a notamment vendu des protections à des investisseurs, dont des banques, via des contrats d’échange de défaut (CDS) pour un montant notionnel de 441 milliards de dollars de titres obligataires à fin juin, dont 58 milliards d’actifs subprime.

Sur ces 441 milliards, 307 milliards couvrent des crédits aux entreprises et des prêts «prime». Ces protections ont été vendues «à des institutions financières, principalement en Europe, dans le but d’alléger leur contraintes en capital réglementaires», indiquait le groupe dans son rapport d’activité au 30 juin. Au 31 juillet, 80,7 milliards de dollars d’expositions notionnelles avaient été débouclées ou étaient sur le point de l’être.

«Je ne connais pas une grande banque qui n’ait pas d’exposition significative sur AIG», a relevé Ken Lewis, le directeur général de Bank of America, en relevant qu’un effondrement du groupe serait «un problème bien plus grand que ce que nous avons vu».

AIG, dont le portefeuille d’actifs financiers atteint 846 milliards, aurait également pu déstabiliser le marché en tant que grand investisseur institutionnel. Enfin, hors de la sphère financière, une faillite du groupe aurait de lourdes conséquences pour l’Américain moyen qui lui confie son assurance vie et ses plans de retraite. Les engagements du groupe en la matière s’élevaient à fin juin à 706 milliards de dollars. S’il est bien difficile d’estimer ce que les millions de retraités qui lui font confiance perdraient, «cet élément à lui seul déclencherait un problème économique énorme aux Etats-Unis», relève Markus Ernst.

reactions
0 réaction(s)




Abonnez-vous GRATUITEMENT à la newsletter
 Banque & Assurance



PARTENAIRES


Accédez à des articles de recherche et des entretiens exclusifs avec les chercheurs

DERNIERS TRAVAUX PUBLIES
12309 offres d'emplois aujourd'hui