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Une éventuelle IPO de Santander outre-Manche suscite le doute

le 09/02/2010

La position en capital de la banque paraît solide. L'intérêt de l'opération pâtirait aussi des futures normes de solvabilité Bâle III

Santander pourrait envisager l'entrée en Bourse de sa filiale britannique dès 2010, suivie de celle de ses opérations aux Etats-Unis. De telles rumeurs circulent depuis le succès de l' IPO de sa filiale brésilienne en octobre 2009, mais la presse anglo-saxonne leur a donné une nouvelle consistance hier en citant des sources proches de l'opération. Pourtant des doutes subsistent quant au bien-fondé à court terme d'une telle opération.


Le président de la première banque de la zone euro, Emilio Botin, a en tout cas opposé un démenti net la semaine dernière : «Une introduction en Bourse n'est pas prévue», a-t-il répondu aux questions des journalistes. Le groupe est arrivé sur le marché britannique en 2004 en s'emparant de la banque Abbey qu'il a récemment intégrée sous une même enseigne, Santander, avec Bradford & Bingley et Alliance & Leicester, deux rachats lancés au plus fort de la crise financière. La zone a apporté 16% des bénéfices du groupe en 2009.


L'introduction en Bourse de 25% de ses opération britanniques pourrait rapporter à Santander entre 3,75 et 5 milliards de livres, selon les estimations, ce qui pourrait l'aider à financer de nouveau rachats. La banque espagnole s'intéresserait ainsi aux plus de 300 agences dont RBS est forcée de se séparer. L' IPO lui permettrait également de renforcer son capital afin d'affronter plus aisément les risques qui s'accumulent sur son marché domestique. Même si avec un ratio de fonds propres durs de 8,6% à la fin 2009, certains affirment qu'elle dispose déjà d'une position suffisamment solide.


«L'opération pourrait aider la performance de l'action puisqu'elle renforcerait ses ratios de capital», estime toutefois Ignacio Ulargui, analyste de Espirito Santo Investment. Avant de nuancer : «compte tenu de l'incertitude planant sur les prochaines normes concernant le capital, Santander n'a pas besoin de lancer l'entrée en Bourse de ses filiales en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis à court terme


Les nouvelles règles Bâle III introduites par le Comité de Bâle en 2012 prévoiraient en effet que les banques déduisent de leurs fonds propres core tier one l'intégralité des intérêts minoritaires dans leurs filiales. Ce qui réduirait les avantages de telles opérations pour Santander. Sans compter le risque à plus long terme d'être perçue comme une holding, avec la décote afférente.

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