Même si l'on compte pas moins de 14 structures différentes de sukuk, on faisait schématiquement la différence entre les titres « asset-backed », c'est à dire que ni le coupon ni le principal ne font l'objet d'une quelconque garantie, et les « asset-based », coupon et principal étant dans ce cas garantis par l'émetteur. De création récente, les sukuk ont connu deux crises de croissance qui n'ont pas remis en cause la pérennité de cet instrument. En plein boom des émissions fin 2007, le président du charia board de l'AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions) a jeté un pavé dans la mare en estimant qu'une grande partie des sukuk (ceux utilisant une structure de type moudaraba1 ou mousharaka2) n'étaient pas « charia compatibles » du fait des garanties accordées aux porteurs. Si cette déclaration a provoqué un choc, elle a néanmoins permis d'aboutir à une réflexion sur les types de garanties qui étaient acceptables d'un point de vue charia. Mais dans la foulée, la crise économique et financière a amené les deux premières défaillances de sukuk, mettant en exergue leur importance. Actuellement, un certain niveau de garanties semble accepté, mais celle-ci ne doit pas être totale et le porteur du sukuk doit demeurer au moins en partie associé au risque du sous-jacent.
(1) La « moudaraba » est un contrat islamique d'association dans lequel l'investisseur apporte les capitaux et l'entrepreneur son savoir-faire. Il s'apparente à la commandite.
(2) La « mousharaka » est lui aussi un financement participatif. Contrairement à la « moudaraba », l'investisseur devient actionnaire de l'entreprise, comme dans une coentreprise.