En relevant a minima son offre sur la société de stockage de données 3PAR à 24,30 dollars par action tout en remportant l'adhésion du conseil d'administration de sa cible, Dell pensait avoir remporté une manche face à son concurrent HP qui avait auparavant proposé 24 dollars par action.
C'était sans compter sur l'obstination de ce dernier qui a annoncé hier soir après la clôture de la bourse new-yorkaise qu'il surenchérissait à 27 dollars par titre, toujours en numéraire, ce qui valorise désormais 3PAR 1,8 milliard de dollars. Ce montant représente donc une prime de 11% sur la dernière offre de Dell et de plus de 50% par rapport aux 18 dollars par action annoncés le 16 août par Dell, lorsque celui-ci avait dit avoir conclu un accord de rachat avec 3PAR pour 1,15 milliard de dollars. Alors que la dernière offre de Dell valorisait 3PAR huit fois ses revenus pour l'année en cours, celle de HP est proche de neuf fois. L'action 3PAR gagnait 6,4% à 27,7 dollars dans les transactions hors séance.
Il reste maintenant à savoir si Dell, qui avait prévu de finaliser son opération avant la fin de cette année, va être en mesure de revenir dans la course. L'offre d'achat qu'il a lancée porte sur toutes les actions ordinaires de 3PAR à travers une filiale qu'il détient à 100%, et cette offre court pour l'instant jusqu'au 20 septembre à minuit. Avant la nouvelle offre de HP, 3PAR avait déclaré que l'indemnité de rupture avait été portée à 72 millions de dollars, contre 53,5 millions auparavant. «Même si Dell a la capacité financière d'améliorer son offre, il a probablement atteint les limites de ce qu'il peut offrir», explique toutefois Ashok Kumar, de Rodman & Renshaw.
Cette acquisition pourrait permettre à Dell d'étendre son offre de produits de stockage pour le «cloud computing» et de soutenir ses activités de services, à l'image d'autres poids lourds du secteur comme IBM, celles-ci ayant tendance à dégager des marges bénéficiaires plus importantes que les ventes d'ordinateurs. En 2009, moins de 10% des entreprises interrogées mentionnaient utiliser des services de «cloud computing». D'ici 2011, elles devraient être entre une sur deux et une sur trois à y recourir.
HP a par ailleurs annoncé hier l'acquisition de Stratavia, une entreprise non cotée d'automatisation de bases de données de Denver pour un montant non divulgué.