Une nouvelle plate-forme alternative d'échange sur les marchés (MTF) va voir le jour. UBS vient en effet d'annoncer qu'elle a soumis au FSA, l'autorité de marché britannique, une plate-forme d'échange électronique pour les marchés d'actions européens.
Cette nouvelle plate-forme s'inscrit dans la tendance affirmée des établissements financiers qui cherchent à développer les échanges électroniques. Pour l'heure il faut attendre l'évolution de l'environnement réglementaire en particulier le toilettage de la MIF.
Il importe donc aux opérateurs de bien se placer. Si la liste des dark pools, ces marchés de négociation «opaques» ne publiant pas leurs carnets d'ordres, continue de s'agrandir, la création d'un MTF comme celui d'UBS offre toutefois un surcroît de liquidité disponible et améliore la transparence post-marché. UBS garantit d'ailleurs le cas échéant l'apport à ses clients de liquidité complémentaire. Chaque transaction OTC doit être reportée via un mécanisme de type Markit Boat. En ce qui concerne la transparence pre-trade, les ordres sont envoyés sur Bloomberg et Thomson Reuters, ce qui n'est pas le cas des dark pools non MTF, dont les transactions présentent des délais de publication et sont comptabilisées comme des produits de gré à gré. Dans un souci de confidentialité, UBS rappelle aussi son principe de séparation de ses activités de banque privée et celles d'opérateur de marchés.
Les marchés réglementés ont quelque peine face à cette concurrence électronique, comme l'explique Pablo Garmon, Europe business development manager chez Tag Audit, «un émetteur souhaitant connaître un volume d'échange sur son titre pourrait attendre trois jours, aujourd'hui un listing en fin de séance le donne immédiatement». A contrario sur le marché OTC, non réglementé, 15 à 45% des transactions manquent de transparence dans le reporting.
Passer de surcroît par la FSA présente des avantages, comme l'explique Pablo Garmon, «puisque les principaux donneurs d'ordres sont basés à Londres et que le régulateur est expérimenté en matière de MTF». La liquidité des dark pools régulés pèse, selon TAG Audit, seulement 2 à 4% de la liquidité totale sur actions.