Les banques reprennent des couleurs. UBS a annoncé mardi un bénéfice net de 2 milliards de francs suisses (1,47 milliard d'euros) au deuxième trimestre, en baisse de 9% par rapport au premier trimestre, mais en redressement spectaculaire comparé à la perte nette de 1,4 milliard enregistrée au deuxième trimestre 2009. La banque fait mieux que le consensus Reuters qui tablait sur un excédent de 1,34 milliard et que sa concurrente Credit Suisse qui a dégagé 1,5 milliard de profits.
Le très fort ralentissement des retraits nets de capitaux en gestion privée a permis à UBS d'atteindre un résultat avant impôts de 2,61 milliards. La décollecte a été divisée par trois dans la gestion de patrimoine à 5,2 milliards de francs, par deux dans la division Wealth Management Americas à 2,6 milliards, et la gestion d'actifs a même enregistré des rentrées de 3,4 milliards, jugulant une hémorragie de 17,1 milliards.
La gestion de patrimoine a enregistré un bénéfice avant impôts quasi stable à 1,13 milliard, alors que le résultat avant impôts de la banque d'investissement a progressé de 9% par rapport au premier trimestre à 1,31 milliard, grâce à la bonne performance des activités equity et changes. Les activités de trading ont généré 3,07 milliards de francs de recettes. S'il s'agit d'une baisse de 10% par rapport au premier trimestre, elle est nettement moins forte que les 34% de baisse moyenne enregistrés par Credit Suisse, Goldman Sachs, Citigroup, JPMorgan, Morgan Stanley et Bank of America. La division a aussi bénéficié d'un gain de 595 millions sur la variation de juste valeur de la dette d'UBS.
«Notre portefeuille d'activités est de plus en plus apte à générer des gains compétitifs quelles que soient les conditions de marché, et notre gestion du risque s'est avérée solide», a estimé le directeur général, Oswald Grübel.
La capitalisation du groupe s'est également nettement améliorée, ce qui est de nature à rassurer le marché dans cette période de tests de résistance des banques. Le ratio Tier 1 a progressé à 16,4% contre 16% à la fin du mois de mars, et le ratio core a grimpé à 13% après 12,4% au premier trimestre.
L'annonce par le directeur des finances, John Cryan, que les actionnaires devront se passer de dividende cette année n'a pas terni l'enthousiasme des marchés avec une action en hausse de 11,21%.