Trois candidats pour le marché de l'eau en Ile-de-France

144 communes, 4,2 millions d’habitants et un enjeu industriel qui dépasse la région

Par Bruno Sillard le 07/12/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Vendredi dernier, Veolia, Suez environnement et Derichebourg avec l'allemand Remondis ont déposé une offre auprès du Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif), pour remporter le plus gros contrat de distribution d'eau en France avec 144 communes et 4,2 millions d'habitants. Si les trois groupes ont confirmé leurs candidatures, un quatrième le groupe Saur pourtant présélectionné n'a semble-t-il pas donné suite.
Veolia gère ce service depuis 1923, sous forme d'une délégation de service public. D'un montant de 371 millions d'euros annuels, le dernier contrat, signé en 1962, expire fin 2010.
L'appel d'offres porte sur une durée de 10 ans. Parmi les nouvelles exigences, le syndicat introduit une demande de tarification sociale et une rémunération «plafonnée» du délégataire. Le Sedif donnera son avis à la mi-janvier, les négociations débuteront en février, pour une décision au printemps. UFC Que Choisir reproche à la Sedif une «surfacturation» de l'eau francilienne qui porterait sur 90 millions d'euros par an.
De son côté, une étude du syndicat estime que des économies de 35 à 42 millions d'euros par an pourraient être réalisées. Suez Environnement s'était quant à lui rangé du côté de certains élus qui prônaient la division du marché en lots. Le Sedif a rejeté leurs arguments, mais des élus ont prévenu qu'ils allaient écrire au président de l'Autorité de la concurrence pour qu'elle se saisisse du dossier.
Bataille de l'eau en Ile-de-France mais plus à Paris où Veolia et Suez environnement perdront leur contrat le 1er janvier, Bertrand Delanoë, a décidé de «remunicipaliser» l'eau de la capitale. Si la gestion des eaux parisienne est jugée bonne, une récente enquête du JDD (le 8 novembre) a dévoilé la gravité de la situation dans les plus grandes villes de France. Des pertes colossales sont enregistrées partout, Nîmes est en tête , seuls 6 litres sur 10 parviennent aux consommateurs de la ville. A Rouen, de 3 litres sur 10 se perdent en cours de route.
Selon de récents calculs du ministère de l'Ecologie, les réseaux perdent 1,5 milliard de mètres cubes par an. Le coût pour les Français est ainsi évalué à plus de 2 milliards d'euros, et le gouvernement réfléchit à un mécanisme assimilable à un bonus-malus. Les villes devront, en moyenne, parvenir à 15% de pertes. Un enjeu industriel qui dépasse largement nos frontières.

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