Le discours tranche, Thales a qualifié jeudi de «prometteur» le début de son exercice 2009, même si ses ventes peuvent afficher une moindre croissance qu'en 2008, crise oblige.
Le spécialiste de l'électronique de défense, d'aéronautique et de sécurité, a dégagé une marge d'exploitation courante de 6,9% en 2008, stable par rapport à celle de 2007. Elle anticipe une rentabilité similaire en légère amélioration cette année et une croissance organique comprise entre 3 et 5%, à comparer à 8% l'an passé.
«Nous sommes capables d'être extrêmement réactifs si nécessaire», a commenté Denis Ranque, P-DG du groupe, avant d'annoncer de nouvelles mesures d'économies visant 200 millions d'euros par an de synergies à partir de 2011.
Selon le dirigeant, les budgets militaires devraient rester soutenus cette année même si «des inquiétudes persistent» dans la demande pour les satellites et l'aéronautique civile dans le contexte économique actuel.
Thales aborde 2009 sous le signe des grandes manœuvres dans le domaine de la défense. Tout d'abord il accueille un actionnaire renforcé à son tour de table, Dassault ayant annoncé fin décembre le rachat d'une part de 20,8% auprès de l'équipementier franco-américain Alcatel-Lucent, laquelle s'ajoute à un ticket de 5,18% détenu par le holding de contrôle de Dassault.
La transaction, dont la finalisation doit avoir lieu au printemps, totalise 1,57 milliard d'euros et permet au groupe dirigé par Charles Edelstenne de devenir le deuxième actionnaire de référence de Thales derrière l'Etat français, qui contrôle 27% du capital.
Restera ensuite à clarifier les frontières avec Safran avec qui Denis Ranque a également indiqué être prêt à engager des discussions au sujet de possibles échanges d'actifs -les deux sociétés sont toutes deux positionnées dans l'optronique et la navigation inertielle. Un enjeu sur les coûts non négligeable. Au titre de 2008, Thales a dégagé un résultat d'exploitation courant de 877 millions d'euros, à comparer à 857 millions d'euros en 2007. Le résultat net atteint 650 millions d'euros, contre un milliard.
Les prises de commandes de Thales ont progressé de 10% l'an dernier à 14,2 milliards d'euros, «un record» selon Denis Ranque. Elles atteignaient 22,9 milliards au 31 décembre.