La prime offerte par Telefonica n'aura pas suffi. L'espagnol a été éconduit par Portugal Telecom auquel il proposait de racheter pour 5,7 milliards d'euros, ses 50% de Brasilcel, holding qui contrôle le premier opérateur mobile brésilien Vivo. «Cette offre montre à quel point l'intérêt de Telefonica pour le Brésil est sérieux», souligne le réseau de recherche européen ESN.
Selon ses propres documents, Telefonica a proposé au portugais un prix valorisant implicitement Vivo à 10,9 fois son Ebitda 2009 alors que l'opérateur brésilien ne vaut que 4,9 fois son Ebitda sur le marché et que les opérateurs brésiliens se paient en moyenne sur un ratio de 5,6 fois.
Auparavant, Telefonica avait déjà tenté de mettre la main sur un autre opérateur brésilien, GVT... Avant de se faire doubler par Vivendi. Dès lors, aucun expert n'envisage véritablement que Telefonica puisse baisser les bras. «La priorité pour Telefonica est d'asseoir ses activités au Brésil où il fait face à une situation difficile, indique Pictet & Cie. Le nœud du problème est que l'avenir de Telesp [ndlr, filiale de Telefonica] ne sera pas tout rose sans un actif mobile.»
En tout cas, le marché a vite vu les conclusions qu'il était possible d'en tirer. «Telefonica pourrait revenir à la charge avec une offre attractive sur TIM Brazil», explique ESN. Et, aux dires de brokers, ce sont bien des spéculations sur sa filiale brésilienne qui expliquait hier la poussée de Telecom Italia en Bourse (+2,2%) à contre-courant du marché.
L'espagnol pourrait-il envisager un rapprochement avec l'ensemble de Telecom Italia comme l'a soutenu ces derniers mois la rumeur? Ou pourrait-il s'intéresser avant tout aux actifs brésiliens dans le mobile?
Pour l'heure, les analystes se penchent surtout sur TIM Brazil. ESN calcule qu'avec un ratio équivalent à celui offert pour Vivo (10 fois l'Ebitda 2010), TIM Brazil serait valorisé 12 milliards d'euros. Même en ne retenant que les 66% contrôlés par Telecom Italia, le chiffre reste bien supérieur aux 6,3 milliards envisagés pour la part restante dans Brasilcel (avec les minoritaires). Mais rien ne dit que Telefonica paierait aussi cher et en cash. Et puis, l'espagnol dispose d'un peu de marge. ESN note que l'opération sur Vivo n'aurait pas trop dégradé le levier d'endettement en le faisant passer de 1,9 à 2,2-2,3.