Dans le sillage de la crise et de l'arrêt brutal des investissements, nombre de fonds de private equity essaient de composer en réadaptant leurs véhicules. Dernier exemple en date, TPG aurait proposé aux investisseurs de son fonds dédié à des opérations dans le secteur financier de réduire une nouvelle fois leur exposition, croit savoir le Financial Times, citant des sources proches du dossier. Personne n'était disponible lundi chez TPG pour réagir à cette information.
Levé en février 2008 pour un montant de 6 milliards de dollars (4 milliards d'euros), le véhicule avait été une première fois abaissé à 4,6 milliards de dollars en janvier dernier. Il est en passe de tomber à 3 milliards de dollars. «Certains fonds misaient beaucoup sur les opportunités pouvant émerger dans le secteur financier, particulièrement malmené durant la crise. Mais les différents gouvernements ont joué un rôle significatif auprès des acteurs bancaires et ont réduit ces opportunités. En outre, plusieurs opérations se sont révélées difficiles», souligne un spécialiste du capital investissement. Celui-ci fait notamment référence à l'échec essuyé par TPG dans la tentative de sauvetage de Washington Mutual en avril 2008.
D'autres acteurs ont été amenés à réduire la taille de leurs fonds, à l'image notamment de PAI, qui propose une réduction de 50% de son cinquième fonds, ou de Permira, contraint de ramener son véhicule Permira IV de 11 à 9,5 milliards d'euros. De son côté, Sagard discute avec ses souscripteurs en vue d'allonger la période d'investissement de son fonds de 1 milliard d'euros, lancé fin 2006.
«Nous assistons en ce moment à beaucoup de restructurations secondaires sur les fonds levés par les acteurs du LBO, en premier lieu car les gestionnaires n'ont pas réalisé d'investissements. Parallèlement, deux catégories d'investisseurs sont apparus: ceux en difficulté, souhaitant dès lors ne pas investir et ceux, à l'inverse, désireux que les gestionnaires fassent leur travail d'investissement. Une réduction du véhicule permet ainsi à la première catégorie de sortir et à la seconde d'obtenir une part relative plus importante du véhicule», souligne un spécialiste de l'intermédiation des opérations secondaires.